Le bio, est-ce meilleur pour la santé?

Le 12 février 2014 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Les effets du bio scrutés dans les assiettes.
Les effets du bio scrutés dans les assiettes.
DR

Quels liens existent-ils entre le mode de production des produits alimentaires consommés (issus de l’agriculture biologique ou de l’agriculture conventionnelle) et la santé (état nutritionnel, exposition toxicologique et risque ou protection vis-à-vis des maladies chroniques)? C’est à ces questions qu’ambitionne de répondre le programme BioNutriNet (petite sœur de l’étude NutriNetSanté lancée en 2009) qui lance un appel aux consommateurs de produits bio et non bio pour qu’ils répondent sur internet, pendant 4 ans, à toute une série de questionnaires sur leurs habitudes de consommation.

 

Premier objectif: évaluer la consommation d'aliments issus de l'agriculture biologique et conventionnelle et décrire les caractéristiques et motivations des consommateurs selon le niveau de consommation d’aliments «bio». «Aujourd’hui, on sait quels pourcentages de personnes mangent, pas, peu ou fréquemment des produits bio. Mais on ignore, par exemple, dans quelles quantités, détaille au Journal de l’environnement Emmanuelle Kesse, qui pilote cette étude. Les gens mangent-ils bio par souci de l’environnement, pour leur propre santé ou vis-à-vis de leurs enfants?». Le panier de chaque participant sera calculé. Mais pas question de demander à chacun d’indiquer soi-même le coût de ses achats: «Nous allons nous-mêmes référencer les produits pour établir des fourchettes de prix, en bio et en conventionnel, et calculer le coût de leur panier en fonction des consommations déclarées», explique l’épidémiologiste.

 

Deuxième objectif : évaluer les conséquences environnementales des différents systèmes de production (biologiques et classiques) pour estimer l’impact environnemental des différentes diètes décrites par les consommateurs. «Nous allons nous focaliser sur la production des denrées, et pas sur leur transformation ou leur transport, faute de données disponibles», indique Emmanuelle Kesse, qui entend utiliser des sources comme Agribalyse (sous l’égide de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie –Ademe-, cette base de données permet d’accéder à un inventaire du cycle de vie des principaux produits agricoles français).

 

Troisième objectif: préciser les relations entre le statut nutritionnel et toxicologique et le niveau de consommation d'aliments issus de l'agriculture biologique. Parmi les quelque 100.000 volontaires, environ 300 seront contactés (la moitié «très bio», l’autre «pas du tout», mais avec des modes d’alimentation similaires) pour réaliser des dosages de sang et d’urine, à la recherche de résidus de pesticides (organophosphates et pyréthrinoïdes) et de leurs métabolites, et d’indicateurs nutritionnels (vitamines, minéraux, Oméga 3, etc.). Le parcours médical des répondants (prescription de médicaments, hospitalisation, prise en charge en affection de longue durée…) sera également intégré à l’étude, afin de permettre d’établir d’éventuelles relations entre les habitudes de consommation alimentaire et l’état de santé.

 

Seule l’exposition alimentaire –majoritaire- va donc être investiguée dans cette étude; les contaminations par la peau ou par la respiration, seront laissées de côté. Et la composition de l’eau consommée, sera-t-elle prise en compte? «Il existe une question sur le sujet –eau en bouteille ou eau du robinet- mais notre sujet, c’est le bio. Or il n’existe pas d’eau bio certifiée», explique Emmanuelle Kesse. Les premiers résultats de l’étude seront connus dans 4 ans.

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus