Le Bio décolle en France

Le 29 septembre 2010 par Sabine Casalonga
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Le CA 2009 de l'agriculture bio française a été de 3 milliards d'euros.
Le CA 2009 de l'agriculture bio française a été de 3 milliards d'euros.

Déjà notable en 2009, l’augmentation du nombre d’exploitations bio en France s’amplifie en 2010, selon les derniers chiffres présentés ce matin 29 septembre par l’Agence Bio. La consommation et l’importation sont également en hausse. Le ministre de l’agriculture a annoncé hier un renfort de 6 millions € pour les aides à la conversion en 2010.


« La France rattrape enfin son retard. Nous construisons aujourd’hui un véritable modèle de développement pour l’agriculture biologique française », s’est félicité Pascal Gury, président de l’Agence Bio. Les chiffres sont en effet éloquents : 16.446 exploitations biologiques recensées fin 2009, soit une hausse de 24 % par rapport à 2008, sur une surface totale de plus de 677.500 hectares(+16 %). Ce bilan de l’année 2009, déjà présenté en mai dernier [voir le JDLE], a confirmé la dynamique de croissance du bio, redémarrée en 2008 après plusieurs années de stagnation.

Une tendance qui s’amplifie en 2010, d’après les premières statistiques dévoilées par l’Agence. Au cours des 7 premiers mois de l’année, 2.948 exploitations supplémentaires ont été converties (ou sont en cours de conversion) portant leur nombre total à 19.594 fin juillet. Le rythme de croissance est supérieure de 30 % à celui de 2009 sur la même période. « A la date du 28 septembre, la barre des 20.000 exploitations bio est franchie et nous pensons qu’elles seront entre 20.500 et 21.000 à la fin de l’année, soit environ 3 % de la surface agricole utile (SAU)», a indiqué Elisabeth Mercier, directrice de l’Agence Bio.

Fin 2009, les surfaces bio atteignaient 2,46 % dela SAU. La France reste donc encore bien en deçà de l’objectif de 6 % pour 2012, et 20% en 2020, fixé par le plan Agriculture biologique de 2008 et le Grenelle Environnement. Seules deux régions, Provence-Alpes-Côte d’Azur (8,7 %) et Languedoc-Roussillon (6,4 %), ainsi que 14 départements, ont atteint ou dépassé cet objectif fin 2009. C’est aussi le cas pour trois filières de produits : les légumes secs, les fruits et légumes et les plantes aromatiques et médicinales. La vigne (4,6 %) devrait y parvenir d’ici 2012, avec le doublement prévu des vignobles bio d’ici deux ans.

En prenant l’hypothèse du maintien d’un taux de croissance de 24 %, l’Agence Bio table sur plus de 33.000 exploitations bio en 2012, sur une surface d’1,4 million ha [en dessous de l’objectif de 6 % qui correspond à environ 1,65 millions ha].

Hier, le ministre de l’agriculture Bruno Le Maire a réaffirmé son engagement pour la filière et pour l’atteinte de l’objectif de 6 % de la SAU en 2012, en annonçant plusieurs mesures. Il s’est ainsi engagé à honorer toutes les demandes d’aides à conversion éligibles en 2010. Cela se traduit par une rallonge de 6 millions € par rapport au budget initial de 4 millions, soit un total de 10 millions engagé par le ministère. L’UE apporte un financement complémentaire de 7 millions €. France Nature environnement (FNE) qui avait alerté cet été sur le manque de crédits, indiquant que « 15 à 25 % des demandes de conversion risquaient d’être mises en péril par un manque de financements publics », s’est félicité de cette annonce.

Le ministre de l’agriculture a également promis de pérenniser l’aide aux petites exploitations et aux apiculteurs, faiblement bénéficiaires des aides au maintien des surface biologiques de la politique agricole commune (PAC) disponibles depuis 2010. Concernant la restauration collective publique, Bruno Le Maire rappelle qu’une préférence sera accordée aux « productions issues de circuits courts, et donc de produits bio », via les appels d’offre, dans le cadre d’une modification du Code des marchés publics d’ici fin 2010. Enfin, un guide pour les intrants phytopharmaceutiques utilisables en agriculture biologique sera publié en 2011 et un groupe de travail sur les préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) mis en place.

Côté consommation, la France, en deuxième position en Europe, derrière l’Allemagne, a un chiffre d’affaires estimé à 3 milliards € en 2009, en augmentation de 400 millions par rapport à 2008. Près de la moitié des achats (45 %) sont effectués dans les grandes surfaces, 38 % dans les magasins spécialisés, et 12 % via la vente directe.

La part des produits importés a encore augmenté en 2009 passant à 38 %, contre 30 en 2008. « Le taux d’importation devrait encore croître en 2010, avant une baisse prévue en 2011, grâce au développement de la filière», prévoit Elisabeth Mercier.

La directrice de l’Agence Bio a enfin souligné l’enjeu de la structuration de la filière, pour relever le défi de la mise en adéquation des besoins du marché et de la production. Cette structuration est favorisée par les soutiens publics, notamment le fonds Avenir Bio, géré par l’Agence Bio. Doté de 3 millions € par an sur 5 ans, il a bénéficié à 76 entités au travers de 28 programmes d’action, en 2008 et 2009. « C’est un modèle de développement à la française caractérisé par la diversité des filières, des modes de production, de distribution et de la gamme de produits», souligne Elisabeth Mercier.

La France fait partie des 6 plus importants producteurs bio en Europe aux côtés de l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, l’Italie et le Royaume-Uni. Ses surfaces bio représentent 8 % du territoire bio de l’UE (7,6 millions ha fin 2008).



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