Le bilan des sables bitumineux s’alourdit

Le 14 mars 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les mines de sables bitumineux émettront des GES.
Les mines de sables bitumineux émettront des GES.

Décidément, les partisans des hydrocarbures non conventionnels en prennent pour leur grade. Après les gaz de schiste, dont l’empreinte climatique a été fortement dégradée par Gabrielle Pétron (Noaa[1]) et Robert Howarth (université Cornell) [JDLE], place aux sables bitumineux.

Ce mélange de sables, d'argile, de bitume et d'eau fournit au Canada l’un des plus grands gisements d’hydrocarbures du monde. Selon BP, les réserves prouvées canadiennes atteignaient 32,1 milliards de barils fin 2010, soit 2,3% de l’extractible mondial.

Problème, l’exploitation de ces sables est particulièrement anti-écologique. Pour pouvoir être extrait de sa matrice minérale, le bitume doit être fortement chauffé (avec de la vapeur), ce qui réduit d’autant la performance énergétique de l’opération.

De plus, la plupart des gisements sont pratiquement affleurants. Point n’est besoin de creuser profond, il «suffit» que les bulldozers raclent une mince couche de tourbe pour accéder au brut en devenir.

Hélas, ces résidus de végétaux sont de formidables éponges à carbone, comme le rappellent Rebecca Rooney, Suzanne Bayley et David Schindler.

Dans un papier publié, en début de semaine, dans les Annales de l’académie américaine des sciences, les trois chercheurs de l’université de l’Alberta font le bilan carbone des 10 mines à ciel ouvert autorisées par le gouvernement de l’Alberta (Canada).

Ces sites s’étendent sur une surface de 167.000 hectares (un peu moins que la superficie du département de l’Essonne). Selon le programme des compagnies minières, 29.500 ha de tourbières devraient être rasés pour extraire les sables bitumineux.

Cette destruction des tourbières devrait directement émettre entre 11,4 et 47,3 millions de tonnes de carbone (l’équivalent de 41,8 à 173,6 millions de tonnes équivalent CO2), estiment les trois auteurs. Plus inquiétant encore, l’action des engins de terrassement réduira de 5.734 à 7.241 tonnes de carbone par an (21.043 à 26.574 tonnes équivalent CO2 par an) la capacité du biotope à stocker le carbone.

Un bilan auquel il faudra ajouter les émissions imputables aux moteurs des engins et des systèmes de chauffage du bitume.



[1] Noaa: agence américaine en charge des océans et de l'atmosphère (National Oceanic and Atmospheric Administration)

 



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