Le bilan carbone des gaz de schiste plus élevé que prévu

Le 13 avril 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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En France, le débat sur les gaz non conventionnels (GNC) tourne à la pantalonnade. Il y a quelques semaines, la ministre de l’écologie assurait devant l’Assemblée nationale qu’elle n’avait pas le pouvoir d’abroger les permis de recherche délivrés le 1er mars 2010.
Est-ce si sûr ?
 
Devant les mêmes députés, le premier Premier ministre a tenu, aujourd’hui ce mercredi 13 avril lors des questions d’actualité, un autre discours que celui de sa ministre. « Les autorisations qui ont été données l'ont été dans des conditions qui ne sont pas satisfaisantes. Il n'y a pas eu assez de concertation (...) pas assez d'information, j'en prends en tant que chef du gouvernement ma part de responsabilité, a déclaré le Premier ministre, répondant à une question du chef de file des députés UMP, Christian Jacob. Je considère qu'aujourd'hui, pour qu'il n'y ait aucun doute dans le débat entre les Français et le gouvernement sur le sujet, il faut tout remettre à plat, et donc il faut annuler les autorisations qui ont déjà été données. », a-t-il poursuivi.
 
Et à propos d’information, en voici une qui devrait intéresser les experts du Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies et du Conseil général de l’environnement et du développement durable, en charge de la rédaction d’un rapport sur les GNC, dont la première mouture est attendue pour le 15 avril.
 
Bien connu des experts, Robert Howarth vient de publier dans Climatic Change Letters une nouvelle évaluation du bilan carbone des GNC. Dans son papier, le professeur d’écologie de l’université Cornell (Etat de New York, Etats-Unis) estime que l’empreinte carbone de l’exploitation des gaz de schiste est plus élevée que celle des puits de gaz naturels conventionnels. A l’appui de sa démonstration, le chercheur estime, en s’appuyant sur des données de l’agence de protection de l’environnement et de l’industrie gazière américaine, que le taux de fuite ou de dégazage des puits de GNC varie entre 3,6% et 7,9%. Soit de 30% à 200% de mieux que celui des puits classiques.
 
Plus discutable, en revanche, Robert Howarth applique au méthane relâché par les puits pratiquant l’hydrofracturation non pas le pouvoir de réchauffement global (PRG) du 4e rapport d’évaluation du GIEC Giec (soit 72 pour une durée de 20 ans), mais celui calculé, en 2009, par Drew Shindell.
 
Ce physicien de la Nasa estime que la notion actuelle de PRG ne prend pas en compte les interactions climatiques des gaz à effet de serre (GES) et des particules en suspension dans l’atmosphère. En combinant ces interactions au PRG classique, le scientifique accroit sensiblement la capacité de certains GES à capter l’énergie solaire et donc à réchauffer le climat. Pour le méthane, le PRG « Shindell » est 23% plus élevé, en moyenne, que celui du Giec.
 
Conclusion de Robert Howarth : l’empreinte carbone d’un puits de shale gas, exploité 20 années durant, est au moins 20% plus importante (voire deux fois plus grande) que l’utilisation du charbon.


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