Le bilan carbone des conservateurs australiens

Le 05 septembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Tony Abott, qui sera peut-être le prochain premier ministre australien va réduire les recettes fiscales et accroître les émissions de GES.
Tony Abott, qui sera peut-être le prochain premier ministre australien va réduire les recettes fiscales et accroître les émissions de GES.
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S’ils remportent les élections législatives du 7 septembre, les conservateurs australiens vont quasiment arrêter la politique climatique nationale. Une décision qui pourrait faire bondir les émissions locales. Et porter un coup supplémentaire à l’ETS européen.

L’hiver est très chaud en Australie. Et pas seulement au plan météorologique. Certes, les températures du mois d’août ont été supérieures de 2,6°C à la moyenne, indique le bureau australien de la météorologie. Mais politiquement, les travaillistes au pouvoir suent à grosses gouttes pour gagner les élections générales de samedi.
 

Malgré le changement de Premier ministre, le 27 juin dernier, les sondages restent favorables aux conservateurs, menés par le bouillonnant Tony Abott. Le 2 septembre, les bleus restaient les grands favoris du scrutin avec 54% des intentions de vote: 12 points de mieux que les travaillistes.

Kill the Carbon Tax

Au plan climatique, il faut donc s’attendre à un changement de cap assez radical du prochain gouvernement. Tony Abott a annoncé, à maintes reprises, que son premier acte de Premier ministre, serait de supprimer la taxe carbone, mise en œuvre il y a un an par Julia Gillard. Une taxe à laquelle doit, en principe, succéder un marché des quotas, prévu pour démarrer l’an prochain.

Nul ne sait d’ailleurs si l’accord conclu il y a un an avec l’Union européenne reste d’actualité. Aux termes cette convention, Bruxelles et Canberra ont prévu de lier leur marché du carbone respectif en 2015. Cette quasi-fusion aurait le mérite de fournir un débouché aux surplus de quotas européens, réduisant d’autant le prix des permis d’émission pour les entreprises australiennes.

De son côté, Joe Hockey, le ministre «fantôme» des finances, prévoit des coupes sombres dans le budget de l’île-continent: 42 milliards de dollars australiens (29 Md€), pas moins. La fin de la taxe carbone privera Canberra de 6 milliards (4 Md€) de recettes, entre 2013 et 2017. La suppression de la taxe sur les industries minières coûtera plus de 14 milliards (9,7 Md€) au budget australien sur la même période.

Des milliards de manque à gagner

En conséquence, de nombreux projets de transports collectifs devraient être abandonnés, ralentis ou retardés. La politique de santé sera privée de 344 M$ (239 M€) en 4 ans. Avec un budget amputé de 2 Md$ (1,4 Md€), la protection de l’environnement sera probablement moins efficace encore. Notamment pour lutter contre le changement climatique. Cette seule ligne budgétaire est allégée de 320 M$ (222 M€), qui s’ajoutent aux allégements fiscaux dont bénéficieront les compagnies minières (productrices de charbon) et les énergéticiens (qui n’auront plus à payer de taxe carbone).

Si cette politique est intégralement mise en œuvre, a calculé le Climate Institute, l’Australie pourrait accroître de 9% en 7 ans ses émissions de gaz à effet de serre. Or elle s’est engagée à les réduire de 5% entre 2000 et 2020.



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