Le bilan caché des produits laitiers

Le 21 avril 2010 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Voilà des décennies que le lait est paré de bien des vertus, sanitaires et culinaires, notamment. Une image qui pourrait bien se ternir si l’on en croit la FAO. Mardi 20 avril, l’agence de l’ONU dédiée à l’agriculture et à l’alimentation a publié, en effet, le premier bilan climatique de l’industrie laitière mondiale. Au total, et en excluant la production de viande, le secteur a émis, en 2007, près de 2 milliards de tonnes équivalent CO2 (Mtéq.CO2), soit 4% des émissions anthropiques annuelles.

 

Pour parvenir à ce chiffre, les chercheurs ont utilisé la démarche de l’analyse du cycle de vie des produits laitiers. En clair, ils ont estimé les émissions produites à chaque étape: de la production de fourrage, à la traite, en passant par la transformation du lait et le transport des produits finis.

 

Pour important qu’il soit, ce bilan ne doit pas être pris au pied de la lettre, tant la marge d’erreur potentielle est élevée: ± 26%.

 

Dans son étude (à laquelle ont participé l’Inra et le groupe Danone), la FAO estime que 1.328 Mtéq.CO2 sont imputables au lait proprement dit, 151 à la viande d'animaux laitiers abattus, et 490 aux chevreaux du secteur laitier élevés pour leur viande. Globalement, la production d’un litre de lait donne lieu, en moyenne, à l’émission de 2,4 kgéq.CO2. Mais cela varie grandement selon les modes de production régionaux. En Afrique sub-saharienne, ce bilan dépasse les 7 kgéq.CO2/litre, soit 7 fois plus qu’en Amérique du Nord.

 

Les gastronomes seront comblés. Car avec 126 grammes éq.CO2 émis par kilogramme, le fromage est le produit laitier le moins émetteur, contrairement au lait fermenté qui culmine avec 304 grammes éq.CO2/kg.

 

Produit par le système digestif des ruminants, le méthane (dont le pouvoir de réchauffement global est 25 fois plus puissant que celui du CO2) est, de loin, le plus importants des gaz à effet de serre du secteur laitier (52% du bilan), devant le protoxyde d’azote et le gaz carbonique.

 

Dans une importante étude, publiée en 2006, la FAO avait révélé que le secteur de l’élevage, dans sa globalité, est responsable de 18% des émissions anthropiques de gaz à effet de serre.

 

Le rapport (en anglais)

 



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