Le benzène, bien plus qu’un agent cancérigène

Le 15 avril 2015 par Romain Loury
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Des cancers, mais pas seulement
Des cancers, mais pas seulement
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Le benzène et ses dérivés, surnommés BTEX, ne sont pas seulement des agents mutagènes à l’origine de cancers. Ils possèderaient aussi un effet perturbateur endocrinien à des doses bien inférieures à celles considérées comme sans danger par les autorités sanitaires, estiment des chercheurs américains dans la revue Environmental Science & Technology.

Pour Ashley Bolden, de l’ONG Endocrine Disruption Exchange (TEDX) créée par Theo Colborn, et ses collègues, il s’agit de porter un «nouveau regard» sur ces 4 polluants BTEX que sont le benzène, le toluène, l’éthylbenzène et le xylène. Surtout connus pour s’intercaler entre les bases de l’ADN, y provoquant des mutations cancérigènes, ces composés interagiraient aussi avec le système hormonal, et ce à de faibles doses.

Présents dans l’air extérieur du fait du trafic routier, comme dans de nombreux produits quotidiens (adhésifs, détergents, dégraissants, teintures, pesticides, vernis, solvants, etc.), ces 4 composés sont omniprésents et nous les respirons en permanence, à des doses jugées sans danger par les autorités sanitaires.

Or plusieurs études suggèrent que ces doses prétendument inoffensives auraient de graves effets sanitaires, autres que cancéreux. Parmi eux, plusieurs (dont l’asthme, les naissances prématurées, un faible poids de naissance, une moindre qualité du sperme et les maladies cardiovasculaires) ont des origines hormonales, révèle l’analyse de la littérature menée par les chercheurs.

Une recherche en terra incognita

«A notre connaissance, aucun des 4 BTEX, que ce soit seul ou combiné aux autres, n’a jamais été testé dans un objectif de régulation aux niveaux ambiants d’exposition. Ils n’ont pas non plus été testés à ces niveaux pour leur capacité de perturbateur endocrinien, par exemple lors d’études de laboratoire in vivo», constatent les chercheurs.

Comme pour d’autres perturbateurs endocriniens bien établis, «les BTEX pourraient altérer les différentes voies hormonales en interférant avec la liaison, l’élimination, la sécrétion, la synthèse, le transport et l’action d’hormones endogènes», avancent-ils. Pour l’instant, les études quant aux éventuels mécanismes moléculaires manquent.

Interrogée par la revue Environmental Health News au sujet de cette étude, Cathy Milbourn, porte-parole de l’agence américaine de protection de l’environnement (EPA), affirme que cette dernière va «examiner l’étude et incorporer ses résultats dans [son] travail, comme il se doit». «L’EPA évalue des milliers d’agents chimiques posant un risque potentiel de perturbation endocrinienne. Lorsqu’un tel risque est identifié, les agents sont évalués plus en détail», assure-t-elle.



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