Le bâtiment peine à réduire ses GES

Le 13 janvier 2005 par Claire Avignon
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
chaufferie 2
chaufferie 2

La mission interministérielle de l'effet de serre vient de publier l'inventaire des émissions de gaz à effet de serre pour 2003. Le bâtiment connaît une augmentation de 14% par rapport à 2002. Le secteur se mobilise depuis plusieurs décennies mais les freins restent importants.

Le secteur du bâtiment (résidentiel, tertiaire, institutionnel et commercial) a émis en 2003 102.400 kilotonnes équivalent CO2 de gaz à effet de serre: 90.974 kt de dioxyde de carbone (CO2), 3.351 kt éq CO2 de méthane (CH4), 1.405 kt éq CO2 de protoxyde d'azote (N2O) et 6.624 kt éq CO2 d'hydrofluorocarbones (HFC). Il s'agit du troisième secteur le plus important derrière les transports (149.100 kt éq CO2) et l'industrie manufacturière (111.000 kt éq CO2). Les gaz à effet de serre proviennent essentiellement du chauffage par combustion qui émet du CO2, du CH4 et du N20. Les fuites des appareils de climatisation entraînent les rejets de HFC.

Plusieurs constats expliquent cette croissance. Tout d'abord, les surfaces des habitations augmentent, ce qui implique un accroissement des surfaces à chauffer. De même, le recours à des appareils électriques s'accroît fortement depuis quelques années avec la multiplication des usages (éclairage, ordianteur, climatisation etc.). «Mais le frein principal vient du renouvellement très lent du parc, explique Jean-Christophe Visier, adoint au chef du département du développement durable du Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). 300.000 nouveaux logements sont construits annuellement pour un total de 28 millions de logements. Sur dix ans, seul un huitième du parc est renouvelé.» Or les principales mesures mises en place pour améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments ont jusqu'ici principalement concerné le neuf, comme les réglementations thermiques RT 2000 et 2005 et la Haute qualité environnementale (HQE).

Cela change progressivement, notamment grâce à la directive européenne sur les bâtiments existants. A partir de janvier 2006, les grands bâtiments subissant une rénovation supérieure à 25% du coût du bâtiment devront atteindre des niveaux minimums de performance énergétique . Les entreprises du bâtiment multiplient de leur côté les opérations de communication car elles savent que le marché potentiel d'isolation du parc existant est considérable. Ainsi, le collectif "Isolons la Terre" veut, en plus d'actions fortes sur les bâtiments neufs, amener chaque année 400.000 bâtiments existants à une consommation annuelle de 50 kilowatts-heure d'énergie primaire par mètre carré. Le collectif comprend entre autres Knauf insulation (chiffre d'affaires de 300 millions d'euros), Rockwool isolation (154 millions d'euros) et Saint-Gobain isover (240 millions d'euros). La Fédération française du bâtiment (FFB) soutient ce type d'opération et estime que le blocage vient plutôt des propriétaires et locataires des bâtiments qui prennent peu en compte l'aspect énergétique lors d'une transaction immobilière. La mise au point des certificats qualifiant tous les édifices d'un point de vue énergétique d'ici janvier 2009 devrait améliorer cet état de fait.




A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus