Le bâtiment doit se mettre en 4 pour réduire sa consommation

Le 04 décembre 2007 par Victor Roux-Goeken
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Le bâtiment, principal émetteur de gaz à effet de serre en France, devra faire beaucoup d’efforts pour atteindre le fameux facteur 4, soit une réduction de 75% de ses émissions par ce chiffre, d’ici 2050. Le chantier est non seulement technique, mais aussi réglementaire et financier. Pour l’existant, la facture s’élève entre 700 milliards et 1.400 milliards d’euros en 40 ans.

«Il ne devrait pas y avoir de difficultés pour arriver au facteur 2 dans le bâtiment, mais le facteur 4 va demander un gros effort», diagnostique Alain Mongon, membre fondateur de l'Académie des technologies, lors d'un colloque organisé par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) et le Conseil national des ingénieurs et des scientifiques de France (CNISF) lors du salon Pollutec, mercredi 28 novembre. «Il n'y a pas de rupture technologique à faire mais il faut de la volonté et une réglementation thermique plus stricte.»

Pour l'habitat neuf, «celle-ci est suffisante, estime Marie-Christine Roger, chef du bureau de la qualité technique et de la prévention à la Direction générale de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction. La réglementation thermique (RT) 2010 imposera une consommation maximale comprise, tous climats confondus, entre 80 et 90 kilowattheures équivalent pétrole par mètre carré et par an (kWh/m²/an), et 35% des nouveaux bâtiments au moins devront atteindre une basse consommation (50 kWh/m²/an). Cette dernière consommation deviendra maximale avec la RT 2012, qui supprimera le chauffage électrique et imposera l'eau chaude sanitaire par énergie renouvelable. Le but étant d'arriver, avec la RT 2020, à la construction de bâtiments à énergie positive. Or, selon Jean Carassus, directeur du département économie et sciences humaines au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), le taux annuel de construction neuve du parc se situe entre 1 et 1,5%... une goutte d'eau par rapport à l'existant.

C'est justement du côté de l'existant que l'effort à fournir est le plus grand. La consommation énergétique du bâtiment est en croissance constante depuis 30 ans. A lui seul, le secteur a représenté 42,5% de l'énergie finale totale en 2005, soit 160,6 millions de tonnes équivalent pétrole, et a émis 23% des émissions nationales, soit 534 millions de tonnes équivalent CO2. «Le plus gros défi, selon Pierre Herant, chef du département bâtiment et urbanisme de l'Ademe, est d'opérer les modifications sur la durée pour que l'investissement ne pèse pas trop.»

Bien qu'étalée dans le temps, la somme à régler est plutôt salée. L'ensemble du parc totalise 3,5 milliards de mètres carrés, soit 2,6 milliards pour les logements et 850 millions pour le tertiaire. Il faut compter entre 200 à 400 € de travaux au mètre carré pour atteindre le facteur 4 dans l'existant, d'où une facture totale comprise entre 700 et 1.400 milliards €. Pour la financer, le ministre chargé de l'environnement, Jean-Louis Borloo, a annoncé la création dans le cadre du Grenelle d'un prêt à taux d'intérêt inférieur aux économies d'énergie réalisées, qui reste maintenant à concrétiser.

Les obstacles sont nombreux et connus. Il y a d'abord «l'émiettement de la profession du bâtiment», selon Alain Mongon. Plus de la moitié des entreprises du bâtiment – soit 276.000 – comprennent de 1 à 10 salariés, qu'il va falloir convertir en très peu de temps à l'efficacité énergétique. Les embauches à réaliser seront de l'ordre d'une centaine de milliers, dans un secteur longtemps perçu comme une voie de garage pour élèves en faillite. Vient ensuite le gros retard français: 41% du parc est équipé de fenêtres à simple vitrage et plus de la moitié n'a fait l'objet d'aucun travail d'isolation de toiture depuis 20 ans. Et le tiers des résidences principales a été construit «à la va-vite» entre 1950 et 1974, au moment où l'énergie était très bon marché.




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