Le barrage sur le Mékong à nouveau suspendu

Le 09 décembre 2011 par Stéphanie Senet
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Le projet controversé de barrage sur le Mékong, au nord du Laos, a été reporté.

Réunis le 8 décembre à Siem Reap, au Cambodge, les représentants des 4 pays concernés (Vietnam, Laos, Cambodge et Thaïlande) ont préféré reporter cette première construction, dont le coût s’élève à 3,8 milliards de dollars (2,8 milliards d’euros), en attendant de nouvelles études d’impact.

 
En avril dernier, la commission du fleuve Mékong, l’agence inter-gouvernementale en charge du projet, n’avait pas réussi à décider s’il fallait lancer la construction du barrage Xayaburi (du nom de la province laotienne) qui devait être suivi par 10 autres installations. Le projet avait donc été suspendu une première fois.
 
Les ministres ont justifié leur décision dans un communiqué, estimant que des études supplémentaires étaient nécessaires, «sur le développement durable et la gestion du fleuve, mais aussi sur les projets hydro-électriques», précisant que le gouvernement japonais serait approché.
 
Derrière ce consensus, Bangkok est plutôt favorable au projet (elle devait acheter 95% de l’énergie produite), tandis qu’Hanoi, qui s’apprête à construire un réacteur nucléaire, opte pour un moratoire de 10 ans sur tout projet hydro-électrique.
 
«Les pays du cours inférieur du Mékong ont franchi une étape importante vers une gestion plus respectueuse de l'une des ressources les plus précieuses et les plus importantes de la région», s’est félicitée Jian-Hua Meng, spécialiste en hydroélectricité durable au WWF.
Selon elle, les pays du Mékong doivent maintenant évaluer les réels impacts du projet en se basant «sur de meilleurs conseils scientifiques» et en mettant en place «des processus consultatifs».
 
L’opposition formulée par plusieurs ONG et associations locales avait ciblé deux dangers majeurs touchant à l’alimentation et à la biodiversité.
 
Près de 60 millions de personnes dépendent en effet du cours inférieur du Mékong -le fleuve le plus long d’Asie qui s’étire sur 4.800 kilomètres– pour leur alimentation, leur transport ou leurs activités économiques. Les ressources pour la pêche sont immenses et son delta n’est autre que le grenier à riz du Vietnam.
 
Par ailleurs, ce dernier grand tronçon de rivière sauvage abrite plus de 700 espèces de poissons d’eau douce. Il compte notamment plusieurs spécimens de poisson chat géant, une espèce emblématique menacée par les barrages, selon le WWF.
 
L’association environnementale propose des solutions électriques alternatives à ce projet de 1.260 mégawatts. En situant les barrages sur certains affluents, les impacts seraient en effet beaucoup plus faibles selon elle. En ce qui concerne le cours inférieur du fleuve, elle demande un moratoire de 10 ans permettant d’évaluer au mieux les impacts d’un barrage sur les écosystèmes et la population.
 
L’association International Rivers a demandé l’abandon pur et simple du projet.


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