Le baromètre des risques professionnels 2011, selon Dekra

Le 07 octobre 2011 par Geneviève De Lacour
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Dekra, cabinet-conseil spécialisé dans l’inspection et la certification environnementale, du bâtiment et de l’industrie présentait le 6 octobre son «Baromètre des risques professionnels 2011». Un exercice que le groupe, détenu à 100% par une association professionnelle, avait déjà réalisé en 2006, en France et en Allemagne. Cette fois-ci, il a interrogé, du 15 juin au 22 juillet, 1.800 personnes dans 5 pays*. L’échantillon français représentait 700 personnes.
 
L’étude basée sur un mode déclaratif permet de fournir quelques informations sur l’accidentologie en milieu professionnel et la perception de la sécurité auprès des salariés. Le cabinet conseil ne détaille pas la méthodologie appliquée pour réaliser cet instantané. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’une belle opération de communication pour cette multinationale de la certification.
«Avec la crise économique, le tissu industriel s’est réduit, ce qui explique en partie la réduction du nombre d’accidents graves qui est passé de 4 à 2% en 5 ans», explique Michel Auger, le directeur sécurité de Dekra. Et si, par ailleurs, une meilleure politique globale de prévention des risques porte ses fruits, les TPE et PME représentent toujours 60% des accidents du travail répertoriés en France en 2008 et 87% du total des accidents mortels.
 
En ce qui concerne le BTP, ce secteur est plus fortement touché par les accidents graves puisque le pourcentage d’accidents mortels reste de 3%. Il faut dire que 50% des salariés travaillent dans des entreprises de moins de 9 salariés et près de 235.000 personnes travaillent seules.
 
Dans le secteur du commerce, les salariés seraient fortement concernés par les risques psycho-sociaux, liés au stress.
Toujours selon le cabinet-conseil, les grosses entreprises inciteraient leurs sous-traitants à acquérir une certification, ce qui améliore, de fait, le niveau de sécurité de ces petites entreprises.
 
Plus inquiétante, la hausse constante des maladies professionnelles qui ont augmenté de 2,7% depuis 2009. Ainsi les troubles musculo-squelettiques (TMS) sont en forte augmentation depuis 10 ans (18% de hausse). Ils représentent près des trois quarts des maladies professionnelles reconnues par la sécurité sociale. Un fait que le cabinet explique en partie par le recul de l’âge de la retraite mais surtout parce qu’en 2006, cette pathologie n’était pas prise en compte par les caisses d’assurance maladie. Le nombre de cancers est également en augmentation. Aux pathologies physiques (TMS, cancers), sont également venues s'ajouter des pathologies psychologiques.
 
En matière de TMS, les secteurs de l’automobile, les activités de logistique et de routage, le traitement et le tri des déchets, la grande distribution ou encore les industries alimentaires sont les plus touchés.
 
Si le comportement des salariés face au risque est essentiel pour lutter contre les accidents, ce comportement reste très dépendant de l’ambiance de l’entreprise, de l’organisation et de la conception du poste de travail. En d’autres termes: pas d’efforts sur la sécurité sans une volonté forte de la direction.
 
La mise en place du document unique d’évaluation des risques (DUER) semble difficile dans les entreprises. Les craintes que ce document soit utilisé contre l’employeur en cas d’accident sont bien réelles et ont freiné sa généralisation. «Ne pas oublier que sa mise à jour doit être réalisée tous les ans», a précisé Michel Auger.
 
En conclusion, la perception du risque s’est généralisée en quelques années, «comme si le monde du travail était devenu anxiogène dans tout secteur d’activité et tout type d’entreprise». Mais la situation réelle est plus nuancée. «Si le nombre d’accidents graves et mortels est en recul depuis plusieurs années, d’autres risques comme les TMS sont en forte hausse», conclut le document.
 
*France, Allemagne, Pologne, Pays Bas et Espagne


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