Le bœuf européen revoit les Etats-Unis

Le 07 janvier 2015 par Romain Loury
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17 ans après, le come-back
17 ans après, le come-back
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Après 17 ans d’interdiction en raison de la crise de la vache folle, le bœuf européen va de nouveau être exporté aux Etats-Unis, a annoncé fin décembre le département américain à l’agriculture (USDA).

Annoncé en novembre 2013 par la Commission européenne, le dégel va être progressif: c’est d’abord la viande irlandaise qui va faire son retour aux Etats-Unis. Avant 1998, elle constituait, avec les viandes de bœuf britanniques et néerlandaises, 77% des importations américaines de bœuf européen.

Pour les trois commissaires européens en charge du dossier [1], «cette réouverture est une première étape bienvenue afin d’abolir [une] interdiction américaine disproportionnée et injustifiée, et pour rétablir des conditions commerciales normales».

«Il est maintenant souhaitable que les Etats-Unis étendent rapidement cette autorisation au reste de l’Union européenne, et qu’ils alignent leurs conditions d’importation avec ces standards internationaux», ajoutent les commissaires.

Les critères imposés par les Etats-Unis pour justifier l’embargo allaient en effet bien au-delà de ceux préconisés par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE). Une sévérité ressentie par beaucoup comme une punition face au refus européen, depuis les années 1980, d’importer du bœuf américain traité aux hormones.

Pas de lien avec le TTIP?

Selon l’agence Euractiv, la Commission réfute l’idée selon laquelle cette reprise des importations serait liée aux négociations en cours sur le partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement (TTIP). Selon son porte-parole Enrico Brivio, «il n'y a pas eu de compromis».

«L'interdiction a été levée parce que les États-Unis reconnaissent les efforts qui ont été déployés en Europe suite à la crise de l’ESB [encéphalopathie spongiforme bovine, ndlr] des années 1990. Il s'agit d'une étape vers la normalisation des conditions d'échange, mais cela ne fait pas partie d'un accord dans le cadre du TTIP», a-t-il ajouté.

C’est l’une des grandes craintes des associations européennes: que le TTIP inaugure une baisse de la qualité de l’alimentation européenne. Notamment en permettant l’importation de poulet traité au chlore, pratique actuellement interdite par l’UE.

Signe avant-coureur, la Commission a autorisé en février 2013 l’usage de l’acide lactique sur la viande de bœuf en abattoir. Le produit est ainsi devenu le premier traitement chimique, et le seul à ce jour, autorisé en Europe pour désinfecter les carcasses (voir le JDSA).

[1] Les commissaires à la santé (Vytenis Andriukaitis), au commerce (Cecilia Malmström), et à l’agriculture (Phil Hogan).



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