Le 9e programme de l’Agence de l’eau Adour-Garonne

Le 28 février 2007 par Agnès Ginestet
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Le bassin doit faire face à la rareté de l’eau, principalement liée à la sécheresse et à l’irrigation des champs de maïs en été. Une grande partie des aides concerne toutefois la lutte contre les pollutions.

1,4 milliard d'euros pour 2007-2012: en Adour-Garonne, les aides ont augmenté de 22% par rapport au 8e programme. De leur côté, les recettes s'élèvent à 1,25 milliard d'euros, avec une hausse des redevances qui devrait avoisiner les 18% à la fin 2012. «Le taux des redevances n'est pas réévalué pour les agriculteurs et leur niveau pour les particuliers reste élevé», estime Rémy Martin, président de l'Union Midi-Pyrénées nature environnement (Uminate). «L'Agence de l'eau est prisonnière des chambres d'agriculture», ajoute-t-il.

Priorité du programme, la mise en conformité de l'assainissement dans les communes est dotée de 412 millions d'euros. «On a encore de gros problèmes dans certaines communes, notamment au niveau de la communauté urbaine de Bordeaux», indique Marie-Hélène Borie, directrice-adjointe de l'agence. Les mises en conformité doivent être programmées avant fin 2007 pour les échéances 1998 et 2000, et avant fin 2009 pour l'échéance 2005 (1).

Le bassin accuse également du retard en matière de protection de ses 6.100 captages. «En 2005, 1,7 million de personnes sur 7 millions ont reçu au moins une fois une eau non conforme», précise ainsi Marie-Hélène Borie. La lutte contre la pollution agricole recevra, quant à elle, trois fois plus d'aides en 2012 qu'en 2006. Un test de pratiques agro-environnementales a été mis en place dans le Gers lors du 8e programme. Des opérations de ce type seront possibles dans le cadre du 9e programme sur 3% de la surface agricole utile du bassin.

Représentant 40% des surfaces irriguées en France, dont les 2/3 sont occupées par du maïs, le bassin est déficitaire en eau l'été, avec 80% de la consommation due à l'agriculture. «Le 9e programme ne résoudra rien en matière d'étiage des rivières, car il n'y a pas d'action d'envergure pour diminuer les consommations en eau», indique Rémy Martin.

Mais pour Marie-Hélène Borie, il ne faut pas sous-estimer l'impact du changement climatique sur la pénurie d'eau. «Même en hiver, le 15 janvier, la Garonne avait un débit inférieur à son débit d'étiage», observe-t-elle. L'agence constate que les opérations d'économie d'eau ont eu peu de volontaires dans le cadre du 8e programme, et elle espère que la gestion collective se développera davantage.

Elle soutient par ailleurs le projet du grand barrage de Charlas qui est loin de faire l'unanimité (2). «Mieux vaut disposer de quelques gros ouvrages que d'une myriade de petits», affirme Marie-Hélène Borie, ajoutant que «le bassin Adour-Garonne est sous-équipé en réservoirs de grande taille par rapport aux autres bassins». Mais Rémy Martin, opposé au projet, ne voit pas les choses de cette façon: «A travers les redevances, les particuliers vont financer ce barrage qui alimentera la filière du maïs irrigué».

Enfin, le 9e programme met l'accent sur la conservation des zones humides. «Leur disparition nous inquiète, car elles fonctionnent comme de véritables éponges qui préviennent les inondations et atténuent les sécheresses», explique Marie-Hélène Borie. L'agence envisage ainsi de passer de 6.000 à 10.000 hectares restaurés et entretenus. Une action qui accompagne le Plan Garonne visant à limiter les risques d'inondation.



(1) Les échéances ont été définies dans la directive Eaux résiduaires urbaines



(2) Voir l'article du JDLE: «Projet de barrage de Charlas: Nelly Olin lance un pavé dans la mare»




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