Le 7e PCRD prépare le futur énergétique européen

Le 09 janvier 2007 par Enerpresse
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Depuis le 1er janvier, le 7e programme cadre de recherche et de développement (7e PCRD) est entré en vigueur. Il a été formellement adopté le 18 décembre par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, juste à temps pour prendre le relais du 6e programme qui s’achevait fin 2006.

Le compromis atteint par les institutions européennes en décembre sur le budget du 7e PCRD a permis de dégager quelque 2,35 milliards d'euros pour la R&D sur l'énergie non-nucléaire sur la période 2007-2013. Ce n'est que le cinquième poste dans la recherche dite coopérative, après les technologies de l'information et de communication, la santé, le transport et les nanosciences. L'énergie a tout de même tiré son épingle du jeu dans le budget européen (y compris la recherche sur le nucléaire) sur les prochaines années, puisque les crédits de R&D vont passer de 574 à 886 millions d'euros par an. On est loin, très loin des programmes centralisés de recherche sur l'énergie des Etats-Unis (2,8 milliards d'euros en 2005, 3,4 en 2007 et 4,1 en 2008 et 2009).

La bataille a été rude entre le Parlement européen et le Conseil de l'UE sur le financement de la recherche sur les sources renouvelables et l'efficacité énergétique. Ce n'est qu'en octobre qu'un compromis a finalement pu être dégagé. Les députés européens ont dû se contenter de «la majorité» des 2,35 milliards d'euros de crédits pour l'énergie non-nucléaire, au lieu des deux tiers qu'ils avaient initialement proposés.

L'efficacité énergétique sera traitée « horizontalement», c'est-à-dire au sein d'autres activités, plutôt que de bénéficier d'une ligne budgétaire spécifique. Tous les deux ans, la Commission européenne devra faire un rapport sur le financement de la R&D sur les projets spécifiques aux sources renouvelables et à l'efficacité énergétique.

Le 7e PCRD restera une pièce maîtresse du système européen de soutien à la recherche sur l'énergie. Il soutient la recherche technologique et la démonstration, non seulement via le thème Energie au sein du volet de recherche coopérative et du programme cadre Euratom, mais aussi parce que l'énergie est un des éléments présents dans de nombreux autres thèmes de recherche: technologies de l'information et de la communication, biotechnologies, matériaux et transport.

Le 7e PCRD soutiendra aussi financièrement la recherche socio-économique et politique sur les changements nécessaires au niveau systémique découlant de la transition vers «une société et une économie pauvres en carbone» au sein de l'Union, voire au-delà.

Le Centre commun de recherche, ou Joint research center, dans ses activités non-nucléaires, fournit en outre un soutien scientifique et technique à l'élaboration de la politique énergétique. Ces dernières années, les plates-formes technologiques (partenariats public-privé visant à mettre en oeuvre un agenda stratégique à 30 ans dans des domaines de haute technologie) dans le secteur de l'énergie, ont démontré que la coopération était possible entre la communauté des chercheurs et l'industrie, ainsi que d'autres acteurs importants comme les organisations de la société civile, pour développer des visions communes et mettre en place les feuilles de route pour y parvenir.

Dans le domaine de l'énergie, on trouve les plates-formes suivantes: centrales thermiques à zéro émission, biocarburants, photovoltaïque, éolien, hydrogène et piles à combustible, solaire thermique et réseaux intelligents (SmartGrids).

Une véritable pléthore de communautés de fait dans la R&D sur l'énergie, qui influencent déjà les programmes européens et nationaux. Elles ne résolvent pas totalement la fragmentation et les doubles emplois, évidemment, mais elles militent pour la constitution de cadres européens permettant d'inscrire des initiatives à grande échelle pour résoudre ces problèmes. En outre, l'Union européenne et de nombreux Etats membres participent à trois initiatives de recherche et de démonstration américaines: le Partenariat international pour l'économie de l'hydrogène, le Forum de pointe sur la séquestration du carbone et le Forum international Generation IV (nucléaire). L'Union européenne cherchera également à se rapprocher des Etats-Unis dans le domaine de la recherche sur les biocarburants, qui bénéficie d'un énorme soutien outre-atlantique.

L'objectif premier du thème Energie est la transformation du système énergétique actuel fondé sur les combustibles fossiles en un système durable, diversifié et rentable, capable de faire face aux défis imminents (dépendance énergétique, changements climatiques, compétitivité).

Au niveau de l'approche, la recherche sera donc axée sur le développement de technologies capables d'améliorer tant la rentabilité que la compétitivité de l'économie énergétique de l'Europe. Les applications concrètes sont les suivantes: la mise en oeuvre du programme « hydrogène et piles à combustible »; le développement de technologies permettant la production d'électricité à partir de sources d'énergie renouvelables; la mise en place de technologies pour la production de combustibles renouvelables; l'optimisation de l'utilisation de sources d'énergie renouvelables pour le chauffage et le refroidissement; le développement de procédés de captage et de stockage du CO2; le développement de technologies de charbon propre; la mise en place de réseaux énergétiques intelligents (rendement, souplesse, sécurité, fiabilité); l'accroissement du rendement énergétique; l'utilisation des connaissances au service de la politique énergétique.

Mais Bruxelles veut aller plus loin, notamment pour véritablement fédérer les efforts de recherche autour d'une vision partagée par tous les acteurs du secteur énergétique en général. C'est pour cela que la Commission va adopter, le 10 janvier, au sein de son «paquet énergie», une communication sur la préparation d'un plan stratégique pour la technologie énergétique européenne.

Le but est d'avoir une feuille de route pour la fin de l'année, en vue d'une approbation du plan par les dirigeants européens au printemps 2008. Le plan stratégique vise à faire correspondre les instruments européens les mieux appropriés aux besoins des différentes technologies, à chacun de leur stade de développement et de déploiement. En d'autres termes, identifier clairement où et quand la «valeur ajoutée européenne» sera la plus pertinente. D'ici mai 2007, la Commission va consulter ses experts, notamment ceux de son Groupe à haut niveau sur la compétitivité, l'énergie et l'environnement, ses groupes consultatifs sur le 7e PCRD, les plates-formes technologiques concernées, et les Etats membres.

Après une série de colloques d'experts, elle devrait organiser une conférence européenne à haut niveau au premier semestre 2007. Ensuite, commencera en juillet une phase de consultation publique sur une esquisse de plan stratégique.

La proposition devrait repasser par les experts à la lumière des nouvelles contributions, pour aboutir à un plan final pour la fin 2007. Ce plan sera bien entendu revu régulièrement et ajusté aux priorités du moment. Il aura son propre outil d'évaluation. Le Tableau de bord européen des investissements en R&D devrait même inclure un nouveau chapitre sur la R&D dans l'énergie.

Le commissaire européen à la Recherche Janez Potocnik a ainsi proposé sa vision du futur énergétique de l'UE. D'ici 2020, les technologies propres du charbon et la part des renouvelables à bas prix auront bien progressé (y compris le déploiement de l'éolien offshore et des biocarburants de seconde génération).Les véhicules hybrides seront généralisés et l'efficacité énergétique aura atteint 20%. En 2030, les technologies renouvelables seront totalement compétitives, notamment l'éolien offshore à grande échelle. Il y aura de nombreuses centrales thermiques à zéro émission. Les biocarburants de seconde génération seront généralisés et les piles à combustibles commenceront leur pénétration. Au-delà de 2050, le nouveau paradigme sera réalisé avec un bouquet énergétique fait largement de renouvelables, charbon propre, hydrogène durable, nucléaire de 4e génération et fusion thermonucléaire.



 



 






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