Land Matrix : une estimation affinée de l’accaparement des terres

Le 11 juin 2013 par Marine Jobert
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L'accaparement des terres, un phénomène difficile à estimer précisément.
L'accaparement des terres, un phénomène difficile à estimer précisément.

Tous les investissements étrangers directs ne peuvent pas être qualifiés d’accaparement des terres. Mais ces dernières années, le phénomène a été tellement massif que 5 organisations internationales[1] ont mis sur pied un logiciel permettant de visualiser le phénomène en cours au plan mondial: le Land Matrix. Une nouvelle version est disponible, qui permet désormais à chacun d’entrer des données dans la matrice, «qu’il s’agisse d’une seule transaction ou du partage de tout un ensemble de données». Les promoteurs du projet comptent beaucoup sur ce «crowdsourcing», car «il est nécessaire d’avoir plus de preuves et d’informations pour nous aider à mettre à jour et à améliorer sans cesse la qualité des données», explique Markus Giger, du Centre pour l’environnement et le développement de l’université de Berne.

 

La nouvelle version de la «matrice» a eu pour effet de faire chuter les chiffres, par rapport aux premiers résultats publiés l’an passé. En effet, les transactions prévues, les transactions conclues et les transactions qui ont échoué sont désormais présentées de façon distincte. Conséquence: la base de données faisait état de 83,2 millions d'hectares «accaparés» pour 1.217 transactions foncières, quand les nouvelles estimations font apparaître aujourd’hui 32,3 Mha pour 756 transactions foncières conclues.

 

Ses promoteurs souhaitant davantage de transparence dans les données mises à disposition, la source est désormais indiquée –une recherche sur les transactions peut d’ailleurs être menée par source- ce qui donne la possibilité aux utilisateurs «de juger par eux-mêmes de leur pertinence». L’implication de certains pays dans le phénomène, comme la Chine, a été surestimée, reconnaissent les porteurs du projet. «Nous observons que d’autres outils se développent, qui permettent aux investisseurs d’être moins visibles, via des contrats de fermage ou à travers des contrôles boursiers», détaille Ward Answeeuw, du Cirad. «Au lieu d’acheter des terres par le biais d’une entité étrangère, ils achètent des parts dans des entreprises agricoles locales qui contrôlent ces terres.» La moitié des transactions observées ont cours en Afrique, en particulier au Mozambique et en Ethiopie.

 

 



[1] Le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), le CDE (Centre pour l’environnement et le développement), le GIGA (German Institute for Global and Area Studies), le GIZ (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit), l’ILC (Coalition internationale pour l’accès à la terre).

 

 



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