Lancement de la deuxième phase du plan séismes Antilles

Le 28 juillet 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les Antilles sont le territoire français le plus exposé au risque sismique.
Les Antilles sont le territoire français le plus exposé au risque sismique.
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L’Etat prévoit d’investir 450 M€ dans la mise aux normes sismiques de bâtiments publics.

Il était temps! Trois ans après la fin de sa première phase, le gouvernement a publié, mercredi 27 juillet, les grandes lignes de la seconde partie du plan Séisme Antilles (PSA). Lancé en 2007, ce programme vise à renforcer les performances antisismiques du bâti des archipels guadeloupéen et martiniquais.

 

Assises sur une zone de subduction[1], les petites Antilles sont soumises à un fort risque sismique. En 1839 et 1843, deux importants tremblements de terre rasèrent, respectivement, les capitales de la Martinique et de la Guadeloupe. «Les Antilles sont les régions de France où l’aléa et le risque sismiques sont les plus forts», résume une note du ministère de l’environnement.

 

Conduite de 2007 à 2013, la première partie du PSA s’est focalisée sur la vulnérabilité des centres de secours, des établissements d’enseignements, des hôpitaux.

 

Lents travaux

 

Pour le seul secteur public, le montant total des travaux à réaliser est estimé entre 5 et 6 milliards d’euros. Entre 2007 et 2013, 20% de ces investissements ont été réalisés, pris en charge à 60% par les pouvoirs publics, détaille un rapport de la cellule centrale interministérielle d’appui au plan Séisme Antilles (CCIAPSA).

 

Il reste donc beaucoup à faire. Sur 31 centres de secours qui doivent être renforcés, voire reconstruits, seuls 4 ont fait l’objet de travaux en 7 ans. Douze nouvelles casernes doivent normalement être livrées dans le courant de cette année.

 

Plus de 300 M€ de travaux ont été réalisés dans 9 centres hospitaliers de Martinique, de Guadeloupe et de Saint-Martin. Moyennant 4 ans de travaux, le CHU de Fort-France (40.000 mètres carrés) a été rebâti sur 350 isolateurs pour résister aux vibrations sismiques. Reste à reconstruire le CHU de Guadeloupe (590 M€).

 

100 M€ pour l’eau de Fort-de-France

 

De nombreuses infrastructures, routières, énergétiques, sanitaires et portuaires n’ont, pour le moment, fait l’objet que d’études ou d’estimations de coût des travaux. Le montant de la facture de la mise en sécurité du seul réseau d’adduction en eau potable de Fort-de-France s’élève à plus de 100 M€.

 

Le durcissement des établissements scolaires est tout aussi lent. Sur 543 écoles, 319 doivent être renforcées et 224 carrément reconstruites. Début 2014, 463 établissements devaient encore faire l’objet de travaux, plus ou moins conséquents. Sur les 80 collèges situés dans les deux îles principales, moins d’une dizaine ont été confortés.

 

L’Etat n’est pas mieux loti que les collégiens. Sur la centaine de bâtiments administratifs construits en Guadeloupe et en Martinique, 13 ont été mis aux normes sismiques.

 

Quid de l’industrie et du logement?

 

Restent le secteur industriel[2] et les immeubles (de logements et de bureaux) privés pour lesquels les statistiques sont très floues. La CCIAPSA rappelle toutefois que «l’habitat privé, individuel ou petit collectif, paraît souvent très vulnérable au risque sismique. Il est vraisemblable que lors d’un séisme majeur, un grand nombre d’habitations s’effondrerait; or il est estimé qu’un grand nombre de victimes pourraient, en fonction de l’heure du séisme, être surprises à leur domicile.»

 

La phase 2016-2020 se veut ambitieuse. Dotée de 450 M€ de fonds publics, elle vise à mettre en sécurité (plutôt que reconstruire) «au moins» 16 écoles par an. Sont aussi prévus la reconstruction du CHU de Guadeloupe et l’achèvement du plateau technique du CHU de la Martinique. Aucun objectif, en revanche, n’a été fixé pour les immeubles des services de secours, les logements sociaux et les bâtiments de l’Etat.

 

Rien non plus pour les installations industrielles et le logement privé. Les Antillais devront longtemps encore vivre dans la crainte d’une grande secousse.

 



[1] Aux Antilles, la plaque nord-américaine s’enfonce sous la plaque Caraïbe.

[2] Les Antilles françaises comptent 2.000 ICPE, 10 sites classés Seveso.

 



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