Lancement d'un plan pour réduire les risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire et présentation des résultats des travaux sur l’émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques

Le 30 novembre 2011 par Foodsafety Vigilance
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Publié le 24/11/2011 par Alda Bassanza

Animaux et alimentation animale > Médicaments vétérinaires et vaccination

Dans deux communiqués du 17 novembre 2011, le ministère de l’Agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire (Maaprat) annonce la mise en place du premier plan national destiné à réduire les risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire. Par ailleurs, un communiqué du 18 novembre 2011, de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) annonce la publication des travaux de l’Anses sur l'antibiorésistance en santé animale. Enfin, la Commission européenne a, par un communiqué de presse du 17 novembre 2011, présenté les 12 actions qu'elle préconise dans un rapport concernant le plan d'action contre la résistance antimicrobienne.

Les communiqués du Maaprat précisent que dans le domaine vétérinaire, les professionnels sont confrontés à la recrudescence des phénomènes de résistances des bactéries aux antibiotiques. Ils rappellent que le niveau d’exposition global des animaux aux antibiotiques a diminué grâce à diverses actions élaborées par les pouvoirs publics pour surveiller l’évolution de l’antibiorésistance, notamment la mise en place de réseaux, de programmes de surveillance et d'enquête en élevage.

La mise en place d'un plan national est destiné à réduire les risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire et doit répondre à un double objectif :
- "diminuer la contribution des antibiotiques utilisés en médecine vétérinaire à la résistance bactérienne, sans altérer la santé des animaux.
- préserver l’efficacité des traitements, et ce d’autant plus que la perspective de développement de nouveaux antibiotiques est réduite".

Ce plan vise à réduire de 25 % l’usage des médicaments vétérinaires en 5 ans et ce, en développant des alternatives permettant de préserver la santé animale tout en évitant de recourir aux antibiotiques. Les 40 mesures prévues se déclinent en 5 axes :
- "Promouvoir les bonnes pratiques et sensibiliser les acteurs aux risques liés à l’antibiorésistance et à la nécessité de préserver l’efficacité des antibiotiques.
- Développer les alternatives permettant d’éviter les recours aux antibiotiques.
- Renforcer l’encadrement et réduire les pratiques à risque.
- Conforter le dispositif de suivi de la consommation des antibiotiques, et de l’antibiorésistance.
- Promouvoir les approches européennes et les initiatives internationales".

Le plan national destiné à réduire les risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire, permet à la France de mettre en œuvre les orientations européennes sur la résistance aux antibiotiques définies notamment par une résolution du Parlement européen du 12 mai 2011.

Enfin, le ministère rappelle que depuis 2006, l’utilisation en élevage des antibiotiques comme facteurs de croissance est interdite dans tous les pays de l’Union européenne.

Le communiqué de l'Anses précise quant à lui que l'Agence a présenté à l’occasion de la journée européenne d’information sur les antibiotiques, les résultats des travaux sur l’émergence de bactéries résistantes aux antibiotiques. Ces travaux s’articulent autour de plusieurs axes, notamment sur la surveillance de la résistance bactérienne ou l’évaluation des risques et la recherche sur la résistance aux antimicrobiens.
L'Anses s'est surtout préoccupée de l’émergence de la résistance aux fluoroquinolones et aux céphalosporines de 3ème génération chez le poulet de chair et a entre autres constaté que "le niveau d'exposition des animaux aux fluoroquinolones a quasiment été multiplié par deux et l'exposition aux céphalosporines a, quant à elle, presque triplé".

L'Anses estime que "par rapport aux autres pays européens, des efforts doivent être poursuivis pour rationaliser et réduire autant que possible l’utilisation des antibiotiques". L'Anses a ainsi mis en place un groupe d’experts afin de conduire une évaluation des risques d’émergence et de diffusion d’antibiorésistances liés aux modes d’utilisation des antibiotiques dans le domaine de la santé animale. Ce groupe devra :
- inventorier les usages des antibiotiques dans les différentes filières d’élevage.
- réaliser une évaluation du risque d’émergence et de diffusion d’antibiorésistances dans les différentes filières.
- émettre des propositions de réduction ou de suppression des pratiques à risque en médecine vétérinaire ou de solutions alternatives aux traitements antibiotiques en élevage.
Le Groupe de Travail se réunira pour sa première séance le 21 novembre 2011 et la fin des travaux est prévue mi 2013.

Pour finir, le rapport de la Commission européenne concernant la résistance aux antimicrobiens (RAM) rappelle que ce problème implique divers secteurs, notamment la médecine vétérinaire. Il souligne la nécessité de mettre en place un plan d'action coordonné sur 5 ans basé sur plusieurs mesures clés.

Les nouvelles actions envisagées par le plan d'action contre la résistance antimicrobienne visent entre autres à :
- mettre en place des moyens efficaces pour prévenir les infections microbiennes et leur propagation.
- développer des antimicrobiens efficaces ou des alternatives pour le traitement des infections animales.
- renforcer la recherche pour développer la base scientifique et des moyens novateurs pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens.

Pour parvenir à remplir ces objectifs, la Commission propose de :
- renforcer la promotion de l'usage approprié des antimicrobiens chez les tous les États membres.
- renforcer le cadre réglementaire sur les médicaments vétérinaires.
- adopter une réglementation sur la santé animale qui se concentrera sur la prévention des maladies en réduisant l'utilisation des antibiotiques.
- analyser le besoin de nouveaux antibiotiques dans la médecine vétérinaire.
- Développer et/ou renforcer les engagements multilatéraux et bilatéraux pour la prévention et le contrôle de la RAM dans tous les secteurs.

Pour conclure, il apparait essentiel que les professionnels de la santé vétérinaire fassent évoluer les pratiques d’élevage en sensibilisant les éleveurs à l’importance des conditions d’hygiène (pour limiter la contamination par des bactéries résistantes) et en les conseillant sur le bon usage des médicaments vétérinaires.

A noter, l’Anses est chargée de veiller à l’application de la réglementation relative aux médicaments vétérinaires dans les domaines qui lui sont conférés par le code de la santé publique. Elle est dotée pour cela d’un pouvoir d’évaluation scientifique, de contrôle et de décision. Elle exerce cette compétence particulière via l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV).

Pour rappel, dans un communiqué de presse du 12 mai 2011, le Parlement européen avait annoncé qu'une résolution avait été adoptée visant à demander davantage de recherches et un meilleur suivi des effets des antibiotiques sur les animaux producteurs de denrées alimentaires et sur les animaux domestiques.

Sources :
- Communiqué de presse du Maaprat, "Résistance aux antibiotiques dans les élevages : le ministère lance un plan pour réduire les risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire", 17 novembre 2011.
- Communiqué de presse du Maaprat, "Présentation du plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire", 17 novembre 2011.
- Communiqué de presse de l'Anses, "Antibiorésistance en santé animale : De plus en plus de bactéries résistantes aux fluoroquinolones et aux céphalosporines de dernières générations", 18 novembre 2011.
- Travaux de l’Anses, "Journée sur l'antibiorésistance en santé animale-Santé publique vétérinaire et antibiotiques : le travail de l’Anses", 18 novembre 2011.
 

 



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