Lancement d’un nouveau plan de lutte contre les micropolluants

Le 08 septembre 2016 par Romain Loury
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Exposés aux résidus de contraceptifs, les poissons peuvent changer de sexe.
Exposés aux résidus de contraceptifs, les poissons peuvent changer de sexe.
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La ministre de l’environnement Ségolène Royal a annoncé, jeudi 8 septembre, le lancement d’un nouveau plan d’action national sur les micropolluants. Il prend la suite de trois autres plans parvenus à échéance, dont celui sur les PCB et celui sur les résidus de médicaments. 

L’annonce a été faite en ouverture de la première conférence internationale sur les risques liés aux résidus de médicaments dans l’environnement, qui se tient jeudi 8 et vendredi 9 septembre à Paris. Un «sujet d’une gravité majeure», a rappelé le directeur général de la santé (DGS), Benoît Vallet, en raison des nombreux effets qu’il pourrait entraîner sur les écosystèmes.

Plusieurs études présentées jeudi matin le démontrent: des algues aux poissons en passant par les crustacés, les organismes aquatiques voient leur physiologie altérée par la présence à faible dose de médicaments, qu’il s’agisse d’anxiolytiques, les plus abondants dans l’eau de rivière, ou d’anticancéreux. Des effets observés en termes de comportement, de fonctionnement du foie et du rein, de fertilité… voire de différenciation sexuelle, avec l’apparition d’hermaphroditisme chez les poissons exposés aux résidus de contraceptifs.

Ces résidus de médicaments se retrouvant aussi dans l’eau du robinet, le sujet est également d’importance pour la santé humaine. D’autant qu’il demeure de nombreuses incertitudes sur les impacts sanitaires d’une consommation, chronique et à long terme, d’un cocktail de médicaments à faible dose.

Trois grands axes, 39 mesures

Présente lors de la première matinée, la ministre de l’environnement Ségolène Royal a saisi l’occasion pour présenter un nouveau plan micropolluants pour la période 2016-21. Celui-ci prend la relève de trois plans préexistants, celui sur les PCB (2008-15), celui sur les résidus de médicaments (2010-15) et celui sur les micropolluants de 2010-13.

Ce plan se décline en 39 actions, regroupées en trois grands axes. Le premier («réduire les émissions») comprend, en matière de médicaments, une meilleure prise en charge des surplus hospitaliers, ou encore l’extension des expérimentations sur la dispensation à l’unité, lancée en 2014 dans quatre régions françaises.

Le ministère prévoit aussi d’évaluer l’intérêt d’un indice de classement des substances actives en fonction de leur impact environnemental, outil de substitution mis en place par la Suède.

Accélérer la recherche

Le deuxième axe, sur la «consolidation des connaissances», propose d’analyser de nouvelles solutions de réduction de la pollution des eaux (en amont ou en aval des stations de traitement), de mieux comprendre les transferts de polluants entre les divers compartiments de l’environnement, ou encore de lancer une surveillance sur des molécules émergentes (bisphénol A, ions perchlorates, parabènes, phtalates, etc.).

Le ministère propose aussi d’évaluer les risques sanitaires liés à la présence de micropolluants dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH), ou encore ceux pour la flore et la faune aquatiques –notamment le potentiel synergétique des mélanges, en particulier ceux de type perturbateur endocrinien. Autre mesure, la fixation de valeurs seuils pour mieux juger de la qualité des eaux.

Dans son troisième axe («dresser des listes de polluants sur lesquels agir»), le plan prévoit d’établir divers classements de molécules, par exemple en fonction des risques d’atteinte des milieux naturels, ou selon la nécessité et la faisabilité d’actions de réduction.



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