Laits maternisés: une trop grande complaisance, selon l’OMS

Le 28 août 2013 par Romain Loury
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Le code de l'OMS n'est pas universellement appliqué
Le code de l'OMS n'est pas universellement appliqué

Seuls 37 pays dans le monde se conforment entièrement au Code international de commercialisation des substituts du lait maternel, constate l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un rapport publié en marge de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel qui a eu lieu début août.

Edicté en mai 1981, ce code, qui n’est qu’incitatif, interdit toute publicité en faveur des substituts au lait maternel, ainsi que la distribution d’échantillons gratuits ou à prix réduit aux services de santé, les cadeaux des industriels aux professionnels, et propose l’apposition sur l’emballage d’un message affirmant la supériorité du lait maternel.

Par ce code, l’objectif de l’OMS est de mieux promouvoir l’usage du lait maternel, jugé meilleur pour l’enfant: moins de mortalité infectieuse (diarrhée et pneumonie) chez le nourrisson en raison de la présence d’anticorps maternels, moindre risque d’obésité et de diabète à plus long terme, meilleur développement cognitif. L’avantage de l’allaitement maternel s’étend aussi à la mère, avec un moindre risque de cancer du sein et de l’ovaire.

Or, dans le monde, seuls 38% des enfants de moins de 6 mois bénéficient de l’allaitement au sein exclusif —conformément aux recommandations de l’OMS—, encore loin des 50% espérés à l’horizon 2025. Une insuffisance que l’organisme onusien impute au peu d’attention accordée par les pays à son code de 1981: seuls 19% des 199 pays notifiant des données à l’OMS s’y conforment totalement.

Dans le détail, ils ne sont que 35% à interdire totalement la publicité, 31% à prohiber la distribution d’échantillons gratuits ou à prix réduits aux services de santé, 32% à interdire les cadeaux des industriels aux professionnels. Et seuls 42% des pays exigent que les fabricants mentionnent la supériorité du lait maternel sur leurs produits.

C’est souvent là où l’allaitement au sein apporte le plus de bénéfices, en raison d’une mortalité infantile élevée et de problèmes d’accès à l’eau potable, que le Code semble le plus suivi: 13 des 47 pays africains et 4 des 11 pays d’Asie du Sud-est s’y conforment à la lettre, contre seulement 2 des 53 pays d’Europe (la Géorgie et l’Albanie).

Bien que la législation de l’UE reprenne la plupart des points du Code, elle ne s’applique qu’aux laits premier âge (de 0 à 6 mois), mais pas aux laits deuxième âge (de 6 mois à 1 an) ou aux biberons et tétines. En matière d’allaitement au sein, la France se classe loin derrière nombre de ses voisins, avec seulement 35% d’enfants de 1 mois allaités de manière exclusive.



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