Lait américain: les résultats demi-écrémés de la FDA

Le 11 mars 2015 par Romain Loury
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Des contrôles qui ratent l'essentiel
Des contrôles qui ratent l'essentiel
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Selon une enquête de la Food and Drug Administration (FDA), le lait vendu aux Etats-Unis est globalement de très bonne qualité en ce qui concerne les résidus d’antibiotiques. Seul hic, aucun des médicaments retrouvés ne figurent dans la petite liste de ceux testés en routine.

Aux Etats-Unis, chaque livraison de lait à l’usine doit être testée pour la présence d’antibiotiques. Du moins certains d’entre eux: tout test doit porter sur au moins 4 des 6 bêta-lactamases que sont l’ampicilline, la pénicilline, l’amoxicilline, la cloxacilline, la céphapirine et le ceftiofur. Si une mesure s’avère positive, toutes les fermes ayant participé au lot sont alors testées afin de découvrir la fautive.

Pour la FDA, la situation quant aux résidus d’antibiotiques est plutôt rassurante. Menée en 2012 sur 1.918 fermes, son étude Milk Drug Residue Sampling Survey, dont les résultats ont été publiés jeudi 5 mars, révèle que seules 15 fermes, soit 0,78% d’entre elles, présentent des doses trop élevées d’un des 31 antibiotiques testés, voire 2 pour l’une d’entre elles.

Pour la moitié de ces fermes, celles épinglées dans le passé, ce taux s’élevait à 1,15%, tandis qu’il était de 0,42% dans le groupe-contrôle, celui des fermes n’ayant jamais connu de problème. «Ces résultats prouvent que le système national de sécurité du lait est efficace pour prévenir la présence de résidus médicamenteux, même dans les cas où les antibiotiques sont nécessaires pour maintenir la santé des vaches laitières», commente la FDA.

Vers un élargissement de la liste

Bien dit… mais peut-être un peu vite. Car à y regarder de plus près, aucun des antibiotiques retrouvés ne fait partie des 6 bêta-lactamases testées en routine. Ce qui suggère que certains éleveurs indélicats ont pris l’habitude de se tourner vers d’autres types d’antibiotique, de ceux qu’il n’est jamais prévu de tester. Notamment le florfénicol, retrouvé dans deux tiers des cas.

Face à ce résultat, la FDA annonce prévoir l’élargissement de la gamme d’antibiotiques testés, bien au-delà des bêta-lactamases. Malgré tout «confiante quant à la qualité globale» du lait américain, au vu de ces chiffres assez faibles, elle estime qu’il n’y a pas de risque pour le consommateur, en raison du mélange des laits de divers producteurs.

Quant au bien-fondé des seuils de tolérance pour les résidus d’antibiotiques, qui n’empêchent en rien l’émergence d’antibiorésistance, c’est une tout autre histoire.



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