Lactalis autorisé à épurer lui-même les rejets de ‘l’Etoile du Vercors’

Le 01 avril 2019 par Stéphanie Senet
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La fromagerie déverse ses rejets industriels depuis 17 ans dans l'Isère sans épuration
La fromagerie déverse ses rejets industriels depuis 17 ans dans l'Isère sans épuration

Rejetant depuis des années ses eaux usées dans l’Isère, le groupe Lactalis sera finalement autorisé à construire sa propre station de traitement des eaux usées sur le site de la fromagerie ‘L’étoile du Vercors’.

Le maire de Saint-Just-de-Claix a craqué. Joël O’Baton a renoncé à la bataille engagée depuis 2014 contre Lactalis pour que l’entreprise raccorde sa fromagerie à la station d’épuration communale. Et arrête enfin de polluer la rivière Isère. Par voie de communiqué, l’élu a annoncé avoir cédé face à la pression des services de l’Etat. «Je sors de ces 8 années de bras de fer complètement épuisé et informe le conseil municipal que je signerai ce permis de construire pour éviter le blocage de l’ensemble de la commune en termes d’urbanisme et surtout pour faire cesser la pollution émise par Lactalis», écrit le maire.

17 ans de rejets sans épuration

Rachetée fin 2011 par le groupe français, la fromagerie ‘L’étoile du Vercors’ déverse depuis 17 ans ses eaux usées, résidus de lait, produits de nettoyage et de désinfection directement dans l’Isère. Ce qui représente, en volume, l’équivalent des rejets quotidiens d’une ville de 10.000 habitants. Le groupe Lactalis a toujours refusé le raccordement au réseau d’assainissement public sous prétexte qu’il ne serait plus aux normes en 2020. Au final, il a surtout gagné le droit de rejeter ses résidus sans aucune épuration. Pendant 8 ans au moins.

Privés de consultation

Le préfet a finalement obligé le maire à abdiquer, estimant illégale la consultation que l’élu local souhaitait lancer le 30 avril, menaçant de poursuivre Joël O’Baton devant le tribunal administratif. En novembre 2017, la secrétaire d’Etat Brune Poirson avait déjà fait savoir que le ministère de la transition écologique était favorable à la création d’une station d’épuration propre à la fromagerie.

Défaillance en Ille-et-Vilaine

Disposant de sa propre station de traitement, l’usine Lactalis de Retiers (Ille-et-Vilaine) a généré, en août 2017, une pollution organique de la Seiche, tuant des centaines de poissons. La cause? Saturation de l’installation de traitement, selon les données transmises par l’Agence française de la biodiversité (AFB).

Verdict le 8 avril

Le site isérois du géant laitier est visé par plusieurs plaintes dont celle de la Frapna[1], depuis 2017, pour «jet ou abandon de déchets dans les eaux superficielles». L’association pointe trois produits toxiques pour le milieu aquatique: hypochlorite de sodium, peroxyde d’hydrogène et acide nitrique. En novembre dernier, le procureur adjoint de la République a requis 500.000 euros d’amende. Le tribunal correctionnel de Grenoble doit rendre son verdict le 8 avril.

 



[1] Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature

 



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