Lacs: les cyanobactéries s’installent

Le 27 février 2015 par Romain Loury
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Hausse dans 61% des lacs de plaine
Hausse dans 61% des lacs de plaine
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Depuis le milieu du XXème siècle, les cyanobactéries, ou «algues bleues», colonisent les lacs européens et nord-américains à un rythme accéléré. Un effet du réchauffement, mais surtout de l’usage excessif d’engrais, révèle une étude internationale publiée dans les Ecology Letters.

Ces bactéries produisent des toxines qui attaquent le foie et le système nerveux, et certaines d’entre elles auraient même un effet «perturbateur endocrinien». Selon une hypothèse encore controversée dans le milieu scientifique, l’un de ces toxines, la BMAA, serait même impliquée dans des maladies neurodégénératives, dont la maladie de Charcot.

Or les cyanobactéries sont en pleine expansion depuis plusieurs décennies, révèle un consortium de chercheurs mené par Rolfe Vinebrook, biologiste à l’université d’Alberta (Edmonton). Portant sur des sédiments de 108 lacs européens et nord-américains, leur analyse, remontant à 1800, révèle un tournant vers 1945, avec une forte hausse du taux de cyanobactéries.

Une croissance que d’autres microorganismes, dont les diatomées (microalgues inoffensives), ont connue dans une bien moindre proportion. Touchant aussi bien l’Europe que l’Amérique du Nord, la poussée des cyanobactéries concerne en premier lieu les lacs de plaine, dont 61% ont vu leur taux de cyanobactéries augmenter, contre 36% des lacs de montagne.

Les engrais devant le réchauffement

La raison en est simple: ces derniers sont plus épargnés par l’excès de nutriments provenant des engrais (nitrates, phosphates). Or l’apport en nutriments explique à lui seul 57% des changements observés dans l’ensemble des lacs, contre 21% pour le réchauffement climatique, selon l’analyse mathématique des chercheurs.

«Etant donné que l’usage d’engrais devrait doubler au cours des 30 prochaines années pour combler la demande alimentaire de la planète, nous prévoyons que la qualité de l’eau va continuer à se dégrader en matière de cyanobactéries», concluent les chercheurs. Même en devenant plus sobre, il semble peu probable que les lacs retrouvent leur état préindustriel de sitôt.



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