Lac Tchad: la Chine derrière un projet de canal

Le 01 mars 2018 par Romain Loury
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Le lac Tchad
Le lac Tchad

Face à l’assèchement du lac Tchad, le projet Transaqua, qui consisterait à l’alimenter en détournant des eaux du bassin du Congo, a refait surface lors d’une conférence organisée fin février au Nigeria. Cette fois-ci, avec l’industrie énergétique chinoise en toile de fond.

 

D’une longueur de 2.400 km, ce projet consisterait à détourner les eaux d’affluents du fleuve Congo, pour l’acheminer via la république centrafricaine, dans la vallée du fleuve Chari, principal affluent du lac Tchad –un lac attenant au Nigeria, au Niger, au Tchad et au Cameroun. Entre la ligne de partage des eaux (600 mètres d’altitude) et le lac (280 m), le canal pourrait alimenter une série de barrages hydroélectriques.

14 milliards de dollars

Proposé en 1982 par la société italienne Bonifica, Transaqua est hautement controversé, en raison de son coût élevé (14 milliards de dollars, soit 11,5 milliards d’euros), de ses conséquences écologiques et, plus récemment, en raison des graves problèmes de sécurité qui minent la région du lac, base de Boko Haram. Last but not least, il fait l’objet de vives oppositions en république démocratique du Congo (RDC), pour l’instant peu désireuse de céder ses eaux.

Le projet est revenu sur le devant de la scène, lors d’une conférence sur la sauvegarde du lac Tchad, qui s’est tenue à Abuja (Nigeria) du lundi 26 au mercredi 28 février. Suite à un accord signé en 2017, Bonifica se trouve désormais épaulée par la Power Construction Corporation of China (PowerChina), géant chinois de l’énergie, à l’origine du barrage hydroélectrique de Memve’ele au Cameroun. Une étude de faisabilité est en cours.

En 2016, Ségolène Royal peu emballée

En France, le projet trouve assez peu de partisans: interrogée en 2016 par le député socialiste Christophe Premat, la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, s’était montré peu enthousiaste: «compte tenu des multiples enjeux liés à ce transfert (coût, impacts écologiques) et des incertitudes scientifiques persistantes sur l'évolution du régime hydrographique du lac, des réserves sont portées sur ce projet. Le transfert des eaux n'aurait pas nécessairement les effets escomptés».

Les craintes quant à la disparition du lac Tchad du fait du réchauffement climatique ne font pas l’unanimité auprès de la communauté scientifique. Pour certains, ses contours sont naturellement très fluctuants, du fait de sa faible profondeur. Il est actuellement dans une conformation «petit lac Tchad», ce qui a permis de libérer de nouveaux espaces de culture pour une population en forte croissance.



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