La vitamine D insuffisante chez 80% des Français

Le 25 avril 2012 par Romain Loury
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Le soleil c'est bon pour les vitamines D.
Le soleil c'est bon pour les vitamines D.

Quatre Français sur cinq présenteraient une insuffisance en vitamine D, en raison d’une faible exposition au soleil et d’apports alimentaires insuffisants, selon une étude publiée mardi 24 avril dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Ostéoporose et fractures, mais aussi cancer, hypertension, maladies cardiovasculaires et auto-immunes, etc… le manque de vitamine D est de plus en plus invoqué comme facteur de maladies chroniques. Chez l’homme, ce nutriment provient de deux sources: d’une part une synthèse au niveau de la peau, sous l’action des rayons ultraviolets du soleil (50 à 70% des apports); d’autre part une origine alimentaire (30 à 50% des apports), les poissons gras en étant les mieux pourvus.

Or 80,1% des Français présenteraient une insuffisance en vitamine D, avec un taux sérique inférieur à 30 nanogrammes/millilitre (ng/ml), selon des résultats de l’étude nationale Nutrition-santé (ENNS 2006-2007) portant sur 1.847 adultes. Ils sont 37,7% à présenter un déficit modéré (entre 10 et 20 ng/ml) et 4,8% à avoir un déficit sévère (moins de 10 ng/ml).

Outre l’alcool et le tabac -néfastes pour le métabolisme de la vitamine D-, c’est l’exposition au soleil qui apparaît comme raison première: les personnes les plus carencées sont moins nombreuses à être parties en vacances l’année écoulée, pratiquent moins d’activité physique et sont plus souvent sédentaires. La couleur de peau semble aussi déterminante: être né hors d’Europe favorise le déficit, la pigmentation constituant une protection face aux rayons ultraviolets.

L’alimentation ne vient pas corriger ces déficits: au lieu des 5 microgrammes (µg) recommandés chaque jour [1], ce sont seulement 2,3 µg de vitamine D que les Français ingèrent en moyenne. Une situation qui contraste avec des pays moins ensoleillés, comme la Norvège et la Suède, dont les populations sont mieux dotées en vitamine D en raison d’une consommation plus élevée de poissons.

Après des années à alerter la population contre les méfaits du soleil, il serait peut-être temps de redresser la barre. Comme le font désormais le Royaume-Uni et l’Australie, dont les messages de santé publique «rappellent à la fois les risques d’une exposition excessive (ou sans protection), notamment en termes de cancer de la peau, et les bienfaits d’une exposition raisonnable (pour la production endogène de vitamine D)», indiquent les chercheurs de l’InVS.

Au-delà de l’exposition au soleil, «l’opportunité d’autres actions de santé publique (enrichissement et supplémentation en vitamine D) est également probablement à discuter», ajoutent-ils.

[1] L’apport nutritionnel conseillé est de 5 µg par jour, sauf chez les enfants de moins de trois ans, les personnes âgées et les femmes enceintes et allaitantes, pour lesquels il est de 10 µg par jour.

 



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