La ville, nouveau champ d’une alimentation soutenable

Le 13 juin 2017 par Marine Jobert
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A Lisbonne, un potager urbain.
A Lisbonne, un potager urbain.
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Quand plus de la moitié de la population mondiale est urbaine, peut-on continuer à sortir l’agriculture des villes?

L’avenir de notre assiette se trouve-t-il dans les villes? Encore épars, mais bien documentés, plusieurs exemples viennent faire la démonstration que les villes (54% de la population mondiale) sont un cadre propice, et souhaitable, pour nourrir une population mondiale en pleine expansion. C’est ce qu’estime, dans un rapport publié ce 13 juin, l’International Panel of Experts on Sustainable Food Systems (IPES-Food), un collectif d’experts qui réfléchit à la nécessaire réforme des systèmes alimentaires à travers le monde. Car l’état des lieux est inquiétant: 795 millions de personnes sont en insécurité alimentaire, près de 2 milliards souffrent de malnutrition et 1,9 milliard sont en surpoids ou obèses.

Coûteux transports

Alors que l’alimentation contribue à hauteur de 29% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, l’organisation propre à la ville concentre beaucoup de travers peu soutenables au plan environnemental. Ainsi du transport, qui constitue une véritable gabegie puisqu’il faut construire et entretenir des routes, brûler du carburant pour acheminer les denrées, prévoir des lieux de stockage et faire face aux risques sanitaires. Autant de situations pendant lesquelles de grandes quantités de nourriture se gâtent, sont contaminées et deviennent finalement impropres à la consommation.

Obésité, chômage ou changement climatique

Mieux composter, mieux redistribuer, mieux réutiliser, moins engorger les décharges et autres centres de tri. Cela fait une vingtaine d’années que des villes, riches ou pauvres, au Sud comme au Nord, se sont lancées dans ces défis, par le biais d’une agriculture urbaine nourricière. Que ce soit pour répondre à l’obésité, au chômage ou au changement climatique; ou bien pour reconquérir une souveraineté alimentaire, on assiste aujourd’hui à un changement d’échelle, comme le constate l’IPES-Food. Le collectif s’est attelé à recenser les facteurs qui favorisent le développement et la propagation de ces politiques, à en analyser les freins, pour mieux outiller les acteurs. Cinq projets ont été passés au crible, du Brésil au Kenya, des Pays-Bas au continent nord-américain.

Fédérer les acteurs

A chaque territoire ses recettes. A Belo Monte, c’est la création et la pérennité de l’agence spécialement dédiée à la question alimentaire, mise en place dès 1992, qui expliquent en partie le succès du projet. A Nairobi, après des années d’opposition à l’agriculture urbaine encore pratiquée par les plus pauvres, le gouvernement kenyan a décidé de soutenir le mouvement en 2015, par le biais d’une loi dédiée. La municipalité d’Amsterdam a abordé la question par le biais de la lutte contre l’obésité, spécialement dans les quartiers défavorisés, en essayant de ne pas faire doublon avec les actions déjà menées au plan national. Quant aux Canadiens de Toronto, ils se sont donné 10 ans pour endiguer le grignotage des terres agricoles, en mettant autour de la table tous les acteurs concernés. Enfin, Detroit la sinistrée a su tirer profit des terres laissées en friche par une activité économique sur le déclin, grâce à des personnages volontaires et légitimes, qui inspirent confiance aux bénéficiaires.

 

Ce rapport de l’IPES-Food, tout à son effort d’analyser la gouvernance de ces projets, pêche malheureusement par manque d’exemples concrets. Destiné à des convaincus à la recherche de retours d’expérience, il laisse sur sa faim ceux qui auraient aimé connaître les résultats concrets.

 



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