La ville de demain sera-t-elle désirable ?

Le 03 décembre 2010 par Célia Fontaine
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 Les 20 et 21 janvier 2011 se tiendra un colloque international sur la ville « durable ». Préparé par le Commissariat général au développement durable (CGDD), l’événement a pour objectif de « confronter les visions de la ville de demain, de détecter les tendances d’évolution, d’imaginer des futurs possibles en réponse aux défis de la démographie, du changement climatique, de l’évolution des modes de vie, et de l’épuisement des ressources ».

« Il s’agit d’un colloque à dimension particulière, à partir d’échanges entre chercheurs, collectivités locales, entreprises et professionnels de la ville de tous horizons », a expliqué Michèle Pappalardo, commissaire générale au développement durable lors d’un atelier de présentation aujourd’hui 3 décembre.

L’objectif est notamment de croiser les différentes visions émanant des think tank qui ont été mis en place ces dernières années (par exemple plan Ville durable du ministère de l’écologie, programmes EcoCités, EcoQuartiers…), et de rendre visible le travail effectué. « Ce sera l’occasion de faire le point sur les tensions, vulnérabilités et questions à anticiper sur le plan des solidarités et des démocraties, des modes de vie, des évolutions technologiques et de la croissance verte », poursuit Michèle Pappalardo.

Le colloque se tiendra au sein de la cité Descartes, le premier pôle tertiaire de recherche et d’enseignement de Marne-la-Vallée. « Nous avons voulu privilégier une approche transdisciplinaire, associant sciences de l'ingénieur et sciences humaines, et la cité Descartes s’y prête bien », souligne Bernard Saint-Girons, président du Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (Pres) de l’université Paris Est, partenaire du colloque.

« En France, 80.000 hectares de terres agricoles sont consommées au bénéfice de l’urbanisation. Il y a donc urgence à trouver des solutions », rappelle Thierry Lemoine, sous-directeur de l’aménagement durable au ministère de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement (Meddtl). Les villes regrouperont 80 % de la population mondiale en 2050. Elles devront donc non seulement être « durables », mais aussi désirables.

Le colloque mettra l’accent sur les exemples de villes à l’étranger. On y apprendra qu’à Portland (Oregon -Etats-Unis), la mobilisation civique pour une ville verte est très forte. Dès les années 1970, les voies sur berges ont été supprimées au profit d’un vaste parc linéaire. 75 % des habitants recyclent leurs déchets ménagers et un quart des transports domicile-travail se font à vélo ou par covoiturage. 35 % des habitants de Portland ont déjà participé à un débat public sur les projets d’infrastructure de la ville, contre quelque 12 % dans le reste des Etats-Unis…

A l’opposé des problèmes d’explosion démographique, des solutions ont été imaginées pour les pays dont la population diminue. Au Japon, « Fibercity » est un modèle de « décroissance heureuse » pour la ville japonaise en 2050. Un architecte a imaginé comment réaménager une ville comme Tokyo, en prenant pour hypothèse une population japonaise qui passerait en dessous de la barre des 100 millions d’habitants en 2050. L’étude adopte le concept de « fibres », c’est-à-dire un modèle linéaire de la ville suivant les grandes lignes de transport et de communication. En manipulant ces fibres spatiales pour changer la ville, l’architecte a misé sur la redécouverte des éléments structurants du paysage, imbriqués à l’intérieur de la ville, pour transformer la qualité de vie.

En France, Jean-François Caron, le maire de la petite commune de Loos-en-Gohelle (Nord), montrera comment, avec peu de moyens, il est possible de faire des aménagements « durables ». L’ensemble du parc immobilier de la ville est déjà certifié Haute qualité environnementale (HQE) depuis 10 ans. Les citoyens en profitent puisque leur facture d’eau a été réduite de 48 %, et leur facture d’électricité de 35 %. Le maire souhaite revaloriser les terrils du bassin minier : mettre en avant leurs qualités biologiques, leurs paysages, et même les faire inscrire au patrimoine mondial de l’Unesco.



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