La viande, une impasse pour l’humanité, selon le Forum de Davos

Le 04 janvier 2019 par Romain Loury
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Une impasse sanitaire et environnementale
Une impasse sanitaire et environnementale
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Le Forum économique mondial appelle à réduire la part de viande dans notre alimentation, aussi bien pour notre santé que pour l’environnement, dans une étude publiée jeudi 3 janvier.

Longtemps aux mains des végétariens, l’exhortation à consommer moins de viande fait peu à peu son chemin. Et ce vers les plus hautes sphères, dont la dernière en date n’est autre que le Forum économique mondial: dans une étude menée pour son compte par l’université d’Oxford, il propose plusieurs alternatives aux protéines animales.

Un quart des émissions liées à l’alimentation

Plusieurs études l’ont en effet montré: les produits laitiers et la viande rouge constituent une importante source de gaz à effet de serre (GES), en particulier de méthane. A l’origine de 2 milliards de tonnes équivalent CO2 par an, le bœuf est ainsi responsable d’un quart des émissions d’origine alimentaire. Et la viande rouge, comme la viande transformée, est à l’origine de plusieurs maladies, dont le cancer colorectal et les maladies cardiovasculaires.

Face à une consommation mondiale qui ne cesse de progresser, en particulier dans les pays émergents (au premier rang desquels la Chine), il est donc urgent de réduire la consommation de viande. Quitte à trouver d’autres sources de protéines, que les chercheurs d’Oxford ont analysées aussi bien d’un point de vue des GES que de la santé publique.

Jusqu’à 26% de GES alimentaires en moins

Les résultats montrent que plusieurs alternatives protéiques (insectes, tofu, légumineuses, noix) pourraient abaisser les émissions liées à l’alimentation de 23% à 26%. Les mycoprotéines, à savoir des protéines issues de champignons, feraient moins bien (-16%), ainsi que la viande de synthèse, produite en laboratoire (-7%). Pour cette dernière, les chercheurs n’excluent pas que les progrès techniques puissent améliorer ce chiffre.

Les bénéfices sanitaires sont aussi importants: alors que la viande rouge est liée à une hausse de 1,5% du risque de mortalité, celui-ci pourrait être diminué de 7% avec des produits végétaux protéinés, en particulier les légumineuses et les mycoprotéines, du fait de leur teneur élevée en fibres.

Une demande hors d’atteinte

Alors que la population mondiale devrait atteindre 10 milliards d’habitants en 2050, «il sera impossible de satisfaire la demande», juge Dominic Waughray, directeur exécutif du Forum économique mondial, qui souligne la nécessité de «l'innovation dans les produits, l'amélioration de la production de bœuf, de porc et de poulet, et des efforts de la part des consommateurs pour diversifier leur alimentation».

Pour le directeur général du WWF Marco Lambertini, cité dans un communiqué du Forum, «les preuves sont claires, notre système alimentaire doit se transformer pour le bien de la planète et l'avenir de l'humanité.(…) Nous sommes la dernière génération qui peut faire quelque chose avant que le système ne s'effondre.»



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