La valorisation des biodéchets: rarement au menu des restaurants

Le 08 septembre 2016 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Des biodéchets, et après?
Des biodéchets, et après?

La réglementation sur les biodéchets s’avère incomplète, selon une table-ronde organisée ce 8 septembre avec des restaurateurs. Si elle oblige les gros producteurs à trier, elle oublie d’encourager la valorisation.

 

Nul n’est censé ignorer la loi. Mais il n’est pas toujours facile de la respecter. Tel est le cas des restaurateurs produisant plus de 10 tonnes de biodéchets par an (environ 250 repas par jour), qui doivent les collecter séparément depuis le 1er janvier 2016 et les envoyer dans une installation de traitement.

Réunis par l’association Geco Food services[1], qui publiera un guide des bonnes pratiques au premier trimestre 2017, les restaurateurs ont fait part de leurs inquiétudes. Les sociétés de restauration collective se plaignent de la difficulté à trouver des prestataires capables de valoriser les biodéchets par compostage ou méthanisation.

 

500 installations au mieux

 

«Il existe entre 400 et 500 installations agréées sur le plan sanitaire», affirme Anne Le Boucher, référente nationale des sous-produits animaux au ministère de l’agriculture. Environ 80% d’entre elles sont dédiées au compostage industriel. «Mais la généralisation du tri à la source de tous les biodéchets, en 2025, prévue par la loi sur la transition énergétique, devrait faciliter le développement des installations», croit Edouard van Heeswyck, chargé de mission sur les déchets organiques au ministère de l’environnement.

Pour l’heure, les restaurateurs butent sur le manque d’exutoires et sur le coût de la collecte et du traitement, évalué entre 250 et 280 euros par tonne de biodéchets par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

 

Incinération et décharge en tête

 

Pire, l’incinération et la mise en décharge des biodéchets collectés séparément restent autorisées. Rendues obligatoires pour tout déchet de cuisine et de service issu de la restauration liée aux transports internationaux, elles sont encore choisies par un grand nombre de restaurants.

 

Compostage sur place ou de proximité

 

«Le choix de l’installation dépend de la production de biodéchets», conseille Philippe Thauvin, de la direction Economie circulaire et Déchets de l’Ademe. Le compostage autonome en établissement est recommandé pour les productions annuelles inférieures à 20 t/an, «dont au moins 6 t sont constituées d’un élément structurant comme le carton». Une solution pertinente pour les cantines scolaires, effet pédagogique en plus.

Une installation de compostage de proximité, dans le quartier par exemple, n’est conseillée que pour une production limitée, inférieure à 2 t/mois. Dans ce cas, l’installation ne sera pas soumise à l’autorisation ICPE[2], selon un arrêté à venir. Dans cette hypothèse, l’Ademe recommande de ne pas mettre le compost sur le marché ni de l’épandre.

Lorsqu’il y a recours à un prestataire, il faut enfin vérifier le coût en fonction des tonnages captés et l’exclusion du tri-mécano-biologique (TMB), interdit depuis l’article 4 du décret du 10 mars 2016 entré en vigueur le 1er juillet. Sans oublier la localisation de l’installation, bilan carbone oblige.

 



[1] Représentant près de 100 industriels de l’agroalimentaire, des produits d’hygiène et d’entretien, et des équipements de cuisine professionnelle

[2] Installation classée pour la protection de l’environnement

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus