La Turquie entre dans l’ère carbonifère

Le 21 mai 2015 par Aude Massiot
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Les fumées de charbon, à Selçuk, en Turquie.
Les fumées de charbon, à Selçuk, en Turquie.
Pieter Eldeman

Le gouvernement turc va investir massivement dans le charbon. Une décision lourde de conséquences économiques et sociales, selon un rapport publié le 20 mai par l’Alliance pour la santé et l’environnement.

Avec une phénoménale croissance de la demande d’électricité de 8% par an, la Turquie doit massivement accroître son parc de production. Ainsi, Ankara va-t-elle lancer la construction de deux centrales nucléaires. Et aussi d’importantes capacités thermiques à flammes.

 

Mais contre toute attente, c’est au charbon que la Turquie entend recourir en priorité. Les centrales au gaz produisent près de la moitié du courant consommé par la Sublime Porte. Et le charbon, s’il est abondant dans le sous-sol ottoman, ne suffit déjà pas à satisfaire aux besoins des centrales thermiques. Il faudra donc en importer davantage.

 

D’ici 2019, Ankara pourrait mettre à feu une soixantaine de gigawatts au charbon: une capacité 4 fois supérieure à celle des 22 installations déjà en service.

 

Un fort tribut sanitaire

 

Cette décision va accroître sa dépendance énergétique et augmenter ses émissions de CO2 (d’environ 250 millions de tonnes de CO2 par an). Mais elle devrait aussi porter un rude coup à l’économie sanitaire du pays. Le 20 mai, l’Alliance pour la santé et l’environnement (Heal) a publié un rapport sur le coût sanitaire du charbon. Dans son étude (en partie financée par des fonds communautaires), l’ONG estime qu’en 2012, la pollution atmosphérique des centrales à charbon a coûté 3,6 milliards d’euros en frais de santé. Chaque année, cette pollution causerait 2.876 décès prématurés, 3.823 nouveaux cas de bronchites chroniques et 637.643 jours non travaillés.



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