La très lourde facture du climat perturbé et de l’érosion de la biodiversité

Le 13 février 2020 par Romain Loury
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En France, le fardeau de l'érosion côtière
En France, le fardeau de l'érosion côtière

D’ici à 2050, le déclin de services écosystémiques majeurs pourrait coûter près de 10.000 milliards de dollars en cumulé, selon le rapport Global Futures publié mercredi 12 février par le WWF.

Pollinisation des cultures, production halieutique marine, protection contre l’érosion et les inondations côtières, production de bois, apports en eau, stockage de carbone: dans son rapport[i], le WWF a estimé le coût du déclin de ces six services écosystémiques dans 140 pays à l’horizon 2050. Sans surprise, la facture s’annonce salée.

Dans un scénario «Business as usual» (dégradation continue de la biodiversité, réchauffement selon un scénario RCP8.5[ii]), le produit intérieur brut (PIB) mondial devrait diminuer de 0,67% d’ici à 2050. Soit une perte annuelle de 479 milliards de dollars (441,5 milliards d’euros) et un total cumulé de 9.870 milliards de dollars (9.100 milliards d’euros).

Etats-Unis, Japon, Royaume-Uni

En valeur absolue, les Etats-Unis paieront le tribut le plus lourd (83 milliards de dollars par an), devant le Japon (80 milliards de dollars par an) et le Royaume-Uni (21 milliards de dollars par an). En valeur relative, les pays pauvres seront les plus sévèrement touchés, en particulier Madagascar (-4.20% du PIB), le Viêt Nam (-2.84%) et le Mozambique (-2.69%).

A l’inverse, un scénario «Global conservation», reposant sur un scénario climatique RCP2.6 et une biodiversité protégée aux niveaux mondial et local, engendrerait un gain de 490 milliards de dollars (452 milliards d’euros) par an, par rapport au scénario «Business as usual», et de 11 milliards de dollars (10,1 milliards d’euros) par an par rapport à la situation actuelle.

La France en 10ème position. Dans un scénario «Business as usual», la France subira une perte annuelle de 8,4 milliards de dollars (7,74 milliards d’euros) par an d’ici 2050, principalement du fait  de l’érosion des côtes (plus de 5 milliards de dollars par an) et de la diminution de la production halieutique (plus de 2 milliards de dollars par an).


[i] Publié en partenariat avec le Global Trade Analysis Project de l’université de Purdue (Indiana) et le Natural Capital Project de l’université du Minnesota

[ii] Fixés par le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les scénarios RCP8.5 prévoient une hausse moyenne de 3,7°C de la température mondiale en 2081-2100, par rapport à 1986-2005, contre +1°C pour les scénarios RCP2.6.