La transition énergétique vue au travers du prisme européen

Le 03 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Claude Turmes: la transition énergétique vue de Bruxelles et Strasbourg.
Claude Turmes: la transition énergétique vue de Bruxelles et Strasbourg.

Peu connu du grand public, le second expert entendu, jeudi 2 mai, par le conseil national du débat sur la transition énergétique est un vieux routier du sujet.

Eurodéputé vert depuis 1999, Claude Turmes a été rapporteur des directives sur les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Partisan de la lutte contre les changements climatiques, il milite, évidemment, pour une transition énergétique, dont les contours sont assez particuliers. «Nous devons faire en sorte qu’elle n’accroisse pas notre dépendance énergétique. En 1990, nous importions 35% de l’énergie que nous consommions en Europe. Aujourd’hui, c’est 50%. Et dans le même temps, le montant de la facture est passé de 100 milliards d’euros par an à 380 milliards.»

Le changement énergétique, pour Claude Turmes, c’est maintenant! D’abord, parce que les deux tiers de nos contrats gaziers arriveront à échéance au cours des 10 prochaines années. Ensuite, parce que les deux tiers du parc européen de production d’électricité devront être remplacés d’ici à 2025. Ce qui nécessitera quelques liquidités. Dans un rapport publié mercredi 1er mai, la Chambre des Lords britanniques estime à 1.000 milliards d’euros, le montant des investissements à réaliser dans les 27 pays de l’Union, pour la seule période 2010-2020.

Des investissements qui n’apparaissent pas impossibles à financer. «Si l’on regarde la transition en cours en Allemagne, on se rend compte que tout le monde peut investir. Ce n’est plus le seul jeu des anciens monopoles. Et quand on voit que la France, l’Italie, l’Espagne et la Grèce veulent un programme de relance, on se dit que la transition énergétique est le vrai projet pour l’économie européenne.»

Rejetant l’idée qu’un modèle unique (un mix unique) puisse s’imposer à tous, Claude Turmes a rappelé quelques fondamentaux. «Hors chauffage et production d’eau chaude, un ménage français consomme 36% d’électricité de plus qu’une famille allemande. Ce qui est une bonne nouvelle. Car, cela signifie qu’il y a de grandes possibilités pour la maîtrise de l’énergie», explique le parlementaire luxembourgeois.

À condition, peut-être, de revoir certaines modalités actuelles: «la plupart des programmes d’amélioration de l’efficacité énergétique dans le bâtiment sont fait pour les classes moyennes et supérieures. Or, le problème touche d’abord la partie de la population qui ne peut pas avancer l’argent des travaux.»

Il souligne aussi l’importance — fréquemment oubliée — des réseaux de distribution et de transport d’électricité. «Ce sont des pièces maîtresses. Seul un accroissement de ces réseaux permettra de combiner différents types d’énergies et de développer les énergies décentralisées.» Mais dans le moyen terme, il est probable que ces dernières ne suffiront pas.

Raison pour laquelle l’eurodéputé écolo rejoint le patron de GDF Suez dans le nécessaire rétablissement du signal prix du CO2 européen. Notamment par la création d’un prix plancher européen du quota d’émissions de gaz à effet de serre, situé entre 15 et 20 €. S’adressant à Delphine Batho, il a notamment appelé les gouvernements français et allemand à conclure au plus vite un accord sur un prix plancher franco-allemand: «après ce sera trop tard, il y aura les élections allemandes et européennes.»



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