La transition énergétique selon RTE

Le 21 novembre 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Interconnexion France-Espagne
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Le gestionnaire des autoroutes de l’électricité n’attend pas l’ouverture officielle du débat sur la transition énergétique pour s’exprimer. Ce matin 21 novembre, au cours d’une conférence de presse, son président Dominique Maillard a présenté la vision à court, moyen et long terme du gestionnaire du réseau de transport d’électricité, comme la loi l’y oblige.

Alors que ses techniciens mettent la dernière main à la ligne THT Cotentin-Maine, RTE rappelle que, quelles que soient les conclusions du débat devant être conduit par Delphine Batho, des travaux urgents doivent être menés sur le réseau de transport. Ces trois prochaines années, RTE prévoit d’investir 1,5 milliard d’euros par an dans la réalisation de 63 liaisons souterraines (sur 700 kilomètres), mais aussi dans l’installation de batteries de condensateurs, de transformateurs et de disjoncteurs.

La fermeture annoncée des deux tranches de la centrale alsacienne de Fessenheim (1.800 mégawatts électriques à elles deux) nécessitera, par ailleurs, 200 M€ de travaux pour renforcer le réseau local de transport d’électricité. «D’exportatrice, l’Alsace deviendra, en effet, importatrice de courant», justifie Dominique Maillard.

A l’horizon 2020, les travaux sont nettement plus importants. La filiale d’EDF entend construire de 800 à 1.000 km de nouvelles routes en courant continu souterraines et sous-marines (une avec l’Espagne, l’autre reliant les agglomérations de Marseille et Perpignan) et les stations de conversion associées.

Entre 1.000 et 2.000 km de réseau 400 kV existant devront être renforcés. Environ 400 km de liaisons souterraines 400 et 225 kV devront être installées, de même que 15 à 20 nouveaux postes d’aiguillage et de transformation 400 kV. Au total, RTE estime de 35 à 40 Md€ le montant de son «socle d’investissements invariant». «Ce qui représente un investissement annuel de 1,7 à 2 Md€ par an, contre 1,4 Md€ aujourd’hui», précise Dominique Maillard.

A quoi il faudra, sans doute, ajouter quelques milliards d’euros, en fonction des centrales éoliennes et photovoltaïques –voire hydroliennes- qui seront effectivement mises en service (26.530 MW sont déjà prévus dans les 14 schémas régionaux  du climat, de l'air et de l'énergie validés ou en projet), des nouvelles interconnexions qui pourront être jetées par-delà les frontières, d’autres déclassements de centrales nucléaires que Fessenheim.

Autant de décisions qui résulteront, elles, du déjà fameux débat sur la transition énergétique. Un débat, propose RTE, qui devra aborder la délicate question des procédures de concertation et d’autorisation. «La ligne Cotentin-Maine a été construite en un an, mais a nécessité 7 ans de procédures, rappelle Dominique Maillard. Si nous voulons être dans les temps pour réaliser la transition énergétique, il faudra rationnaliser ces procédures.» Et pourquoi pas s’inspirer du corpus réglementaire du Danemark, où 2,5 années sont nécessaires pour obtenir un permis de construire un grand ouvrage électrique, contre 6,5 ans en France et 15 ans dans certains Länder allemands?

 



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