La transition énergétique selon les entreprises de l’énergie

Le 25 avril 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Denis Baupin raille la "liste de Noël" des énergéticiens.
Denis Baupin raille la "liste de Noël" des énergéticiens.

A la question de savoir si les entreprises du secteur de l’énergie sont favorables à la transition énergétique, la réponse est clairement non.

En ouverture de la séance pleinière du conseil national du débat sur la transition énergétique (CNDTE), François Michel, a présenté, ce jeudi 25 avril, les recommandations du groupe de travail des entreprises de l’énergie. Plus d’une heure durant, le président de cet aréopage d'experts a rappelé les fondamentaux de la transition énergétique pour les sociétés qui vont devoir réaliser les plus gros efforts… si des décisions sont prises.

Le premier est de maintenir le prix des énergies au plus bas niveau possible. Faute de quoi, les industries énergivores (leurs clients) délocaliseront leurs sites dans des pays où, évidemment, le facteur carbone énergétique est inférieur à celui de l’électron français. «La pétrochimie française sur base de naphta a des coûts 25 à 30% supérieurs à ceux de ses concurrents américains», martèle le directeur plan et de la stratégie du leader mondial des matériaux pour l’habitat.

Bien évidemment, les entreprises de l’énergie (qui sont souvent les «obligées» des certificats d’économie d’énergie) sont favorables à la maîtrise des consommations. Surtout chez les autres: «le premier levier, c’est le bâtiment», rappelle François Michel. Le représentant des obligés obligerait d’ailleurs bien les propriétaires d’immeubles d’habitation à les rénover, «au moment du ravalement ou lors d’une transmission d’un logement ».

Le secteur des transports n’est pas épargné. Il devra accélérer sa lente décarbonisation à coup «de biocarburants, d’électricité, de gaz.» Les énergéticiens et leurs parties prenantes n’ont rien non plus contre une réévaluation du prix des quotas d’émission de gaz à effet de serre. A condition de ne pas favoriser le processus. «La sortie de crise devrait permettre de redresser le prix du CO2. Nous avons besoin de ce signal prix. Mais il faudra veiller à ce qu’il ne pénalise pas les entreprises exposées à l’international.»

Une évolution du mix électrique est-elle possible? Oui, répond François Michel. Mais à une condition: «pour développer les énergies renouvelables, nous ne devons pas déstabiliser les énergies “matures”.» Traduction: le déploiement des éoliennes et des fermes photovoltaïques ne doit pas renchérir le coût de production de l’électricité tricolore, majoritairement issue des centrales nucléaires et des barrages hydroélectriques. Ces deux dernières sources d’énergie constituant le «socle de la compétitivité qui doit être au service de la transition énergétique.»

Pour les énergéticiens, la véritable évolution du mix énergétique pourrait, en fait venir… du sous-sol. Les entreprises de l’énergie n’imaginent pas une décrue de la consommation de produits pétroliers (la demande d’essence baisse pourtant depuis plusieurs années). Ils imaginent, en revanche très bien, que l’on substitue le gaz de schiste aux précieuses molécules importées de Russie, de Norvège, d’Algérie ou du Qatar.

Sans surprise, ces recommandations ont soulevé un véritable tollé chez les représentants des ONG et d’EEVL. «Finalement, vous êtes favorables au pétrole, au gaz, au gaz de schiste, aux énergies renouvelables, au nucléaire, c’est une véritable liste de Noël», a ironisé Denis Baupin. Plus sérieusement, le député EELV de Paris a souligné que tout ne serait pas possible: «c’est au politique de faire des choix.»

D’autant, que le coût de l’énergie nucléaire reste d’une grande imprécision. «Les centrales qui verront leur durée de vie allongée devront respecter les référentiels de sûreté de l’EPR.» Ce qui nécessitera des investissements qui se chiffrent déjà en dizaines de milliards d’euros. A minima.

«Il y a quelques nuances entre les recommandations des entreprises de l’énergie et les propositions faites par la présidente du Medef: cette dernière ne pense pas qu’il soit possible de réaliser la transition énergétique. Pour elle, on n’a pas d’idée mais on a le gaz de schiste», rappelle Matthieu Orphelin, de la fondation Nicolas Hulot. Cette dernière assertion n'étant d'ailleurs pas prouvée.



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