La transition énergétique selon l’Irena

Le 20 mars 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le bouquet énergétique mondial, en 2050, selon l'Irena.
Le bouquet énergétique mondial, en 2050, selon l'Irena.
Irena

L’agence internationale des énergies renouvelables (Irena) estime possible de décarboner notre énergie. A condition d’investir massivement et tout de suite dans les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

La transition énergétique peut s’appuyer sur les énergies renouvelables. Assénée par les industriels, des ONG, l’Ademe, le message est repris, sans surprise, par l’agence internationale des énergies renouvelables (Irena), dans un rapport qu’elle publie ce lundi 20 mars.

A la demande du gouvernement allemand, l’Irena a évalué le potentiel actuel et prévisible des énergies «vertes» et déduit l’effort qu’il faudrait accomplir pour atteindre les objectifs assignés par l’accord de Paris: stabilisation du réchauffement à 2 °C, voire 1,5 °C.

Les «clous de Paris»

Première étape: évaluer notre budget carbone. Simple. Pour rester dans les «clous de Paris», nous pouvons encore émettre 880 milliards de tonnes de gaz carbonique, dont 790 milliards issus du secteur de l’énergie.

Seconde étape: définir la voie de la décarbonation, à partir du mix énergétique actuel. Pour stabiliser le réchauffement avant la fin du siècle, les émissions de CO2 devront être plafonnées d’ici à 2020 et réduites de plus de 70% d’ici le milieu du siècle. La part des énergies fossiles (pétrole, gaz naturel, charbon), dans le bouquet énergétique mondial, devra être diminuée de moitié d’ici à 2050.

Ce qui implique de tripler les capacités photovoltaïques, éoliennes ou autre pour satisfaire les besoins énergétiques de l’humanité. La demande devra être découplée de la production de richesse: en abaissant de 2,5% par an l’intensité énergétique de l’économie mondiale pendant ces 35 prochaines années : trois fois mieux ce que l’on a fait depuis le début du siècle.

Bas carbone et économies d'énergies

La vision de l’Irena va bien au-delà de celle des politiques, notamment des candidats à la présidentielle française. En 2050, estime l’agence de Dubaï, la quasi-totalité de l’électricité mondiale sera produite par des centrales «bas carbone» (nucléaires, renouvelables) ; 70% des véhicules neufs seront électriques. Enfin, la totalité du parc immobilier aura bénéficié d’une rénovation thermique d’ampleur. Tout comme les usines, dont l’intensité énergétique sera 80% plus basse qu’actuellement.

Difficile, mais «techniquement possible», la transition énergétique impose d’investir (aux coûts actuels) 29.000 milliards de dollars de plus que les 116.000 milliards de dollars d’investissements énergétiques prévus jusqu’en 2050. Le montant de l’addition peut paraître élevé. Il correspond grosso modo au doublement de ce que nous consacrons à l’énergie habituellement. Avev un petit bémol, toutefois. Ce dernier chiffre n’inclut pas la rénovation des bâtiments ou le changement de processus de fabrication.

Bonne pour le climat et l’économie (car plus d’investissements), la décarbonation du secteur de l’énergie améliorerait sensiblement la santé des riverains des centrales. Chaque année, plus de 3 millions de personnes décèdent des suites d’une maladie imputable à la pollution atmosphérique, rappelait, l’an passé, l’organisation mondiale pour la santé (OMS). Dont plus de 55.000 en France.  



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