La transition énergétique selon GDF Suez

Le 03 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Gérard Mestrallet : la transition passe par le biométhane.
Gérard Mestrallet : la transition passe par le biométhane.

Pour le numéro deux de l’énergie, en France, la voie du Facteur 4 passe par un accroissement des énergies renouvelables et des centrales à gaz. Ces dernières pouvant d’ailleurs être, en partie, alimentées par du biogaz produit par les agriculteurs.

Les grands acteurs du débat sur la transition énergétique se suivent et ne se ressemblent pas. Le 18 avril dernier, les membres du conseil national de ladite transition (CNDTE) avaient auditionné un Henri Proglio, adepte de la transition, à la condition qu’elle ne modifie qu’à la marge le business model d’EDF. Sûr de lui et dominateur, le patron de l’opérateur historique avait proposé un système électrique, à base de centrales nucléaires à la durée de vie allongée et d’énergies nouvelles.

Le 2 mai, le ton était tout autre. Le CNDTE recevait, cette fois, le P-DG de GDF Suez. Une heure durant, Gérard Mestrallet s’est attaché à convaincre son auditoire de la pertinence de trois idées force: l’Europe est un «marché finissant», transition ou pas il faudra lourdement investir, le facteur 4 est possible.

Revenant sur les années passées, Gérard Mestrallet a rappelé que la déréglementation européenne avait fait exploser le modèle de l’opérateur intégré (et rentable) en séparant ses activités de production et de transport. Couplée aux fruits des politiques de maîtrise des consommations et d’économie d’énergie, la récession va stabiliser, pour longtemps, la demande européenne de kWh. «Et si nous restions dans nos métiers de fournisseurs d’énergie en France, nous serions structurellement en régression.»

Conséquence: l’ancien monopole gazier tricolore développe ses activités hors des frontières. Longtemps, le groupe franco-belge a tenté de devenir le géant du gaz naturel liquéfié de l’Atlantique nord et des centrales à gaz de pointe aux Etats-Unis. Un pari réduit à néant par l’explosion des gaz non conventionnels.

Confirmant les messages lancés, depuis des années, par l’agence internationale de l’énergie, l’ex-collaborateur de Jacques Delors rappelle que l’essentiel de la demande d’énergie actuelle et à venir est à satisfaire dans les pays émergents. GDF Suez s’est donc rabattu sur le bassin Pacifique. «On vend toujours du gaz aux Français, mais cela ne représente plus que 10% de notre chiffre d’affaires», résume l’ancien patron de la Société Générale de Belgique.

Fort de cette position d’expert, moins impliqué sur le marché français que le frère ennemi EDF, que Gérard Mestrallet livre quelques conseils (désintéressés?) à l’assistance. À commencer par la constitution du mix de production d’électricité hexagonal. Celui-ci doit être essentiellement composé d’énergies renouvelables (avec 1.400 MW, GDF Suez est le premier exploitant d’éoliennes, en France, et exploite 5.200 MW de centrales hydro-électriques) et de centrales à gaz.

Problème cette dernière filière soufre de la concurrence du… gaz de schiste américain. Outre-Atlantique, les électriciens l’ont massivement adopté. Faute d’acheteur, le charbon made in USA est donc exporté, à bas prix, vers l’Europe, où il gagne des parts de marché. «On parle de la fermeture de Fessenheim qui fait 1.800 MW, mais GDF Suez va arrêter 10.000 MW de centrales à gaz en Europe», souligne Gérard Mestrallet. Pour redonner ses lettres de noblesse au gaz (moitié moindre émetteur de gaz carbonique que le charbon), «il faut redonner un signal prix au CO2.»

À propos de renouvelables, GDF Suez entend, bien sûr, «accélérer l’éolien terrestre», donner une place aux énergies marines, mais surtout développer le biogaz. En multipliant les méthaniseurs, de déchets agricoles notamment, la production française de «bio-méthane» pourrait représenter 5% de la demande de gaz française, en 2020, et 20%, en 2030. Le tout, en donnant «un complément de revenu» aux agriculteurs. L’expression est souvent employée par le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll et sa consœur à l’écologie, Dephine Batho.

Mais le bouquet énergétique n’est pas tout. Et il n’a pas échappé aux experts du gazier semi-public que la France tentait d’engager un ambitieux programme de rénovation thermique de son parc immobilier. L’opérateur qui, à l'instar d'EDF, n’a jamais caché sa détestation des certificats d’économie d’énergie (CEE), propose un nouveau dispositif de financement: le passeport rénovation. Rapidement évoqué, il s’agirait d’une obligation pour les énergéticiens de réaliser des audits énergétiques de logements et de trouver les financements pour assurer les travaux d’isolation. Ce qui ressemble tout de même un peu à des CEE light.



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