La transition énergétique selon BP

Le 30 janvier 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Au fait, les voitures autonomes, ça économise combien de pétrole?
Au fait, les voitures autonomes, ça économise combien de pétrole?
Google

L’énergéticien britannique a publié sa vision prospective sur l’énergie. Avec quelques surprises à la clé.

 

Quelques semaines après l’Agence internationale de l’énergie (AIE), c’est au tour de BP de présenter sa vision à moyen terme des marchés de l’énergie. En fin de semaine dernière, le pétrogazier britannique a publié, Comme chaque année, ses prospectives à 2035. Un exercice traditionnel dont les résultats peuvent surprendre.

La surprise n’est pas à chercher dans le bouquet énergétique. Celui-ci, rappelle le BP Energy Outlook 2017, restera majoritairement fossile, mais moins carboné. Charbon, pétrole et gaz resteront les sources d’énergie les plus généreusement exploitées: 78% de l’énergie primaire en 2035, contre 85% en 2015. Avec une croissance soutenue, les énergies décarbonées (nucléaire et renouvelables) doubleront pratiquement leur part de marché, passant de 14% en 2015 à 22% en 2035.

On consomme mieux une énergie…

Globalement, la demande d’énergie va progresser, mais à un rythme moindre que ces 20 dernières années. Avec l’arrivée de 1,5 milliard d’habitants et la sortie de la pauvreté de 2 milliards, la demande en kilowattheures devrait bondir de 31% ces 20 prochaines années (contre 53% entre 1995 et 2015). Faible croissance, alors que le produit national brut mondial devrait pratiquement doubler. L’intensité énergétique devrait donc diminuer d’environ 2% par an: deux fois mieux que durant la période 1975-2005!

La Chine devrait poursuivre sur sa lancée post COP 21. Son appétit pour l’énergie ne devrait plus croître que de 2% par an (pour un PNB en croissance de 5% l’an): un rythme trois fois inférieur à celui de ces 20 dernières années. A cette chute de 3% par an de son intensité énergétique, l’empire du Milieu ajoute un changement de son bouquet énergétique. Engagé au milieu de la décennie, le déclin du charbon devrait s’accélérer. Il pourrait ne plus représenter que 40% de la production d’énergie primaire vers 2035, contre près de 80% dans les années 1990. En complément, les énergéticiens chinois parient sur le gaz naturel (dont la part va doubler en 20 ans) et surtout sur les énergies décarbonées, qui devraient fournir le tiers de l’énergie primaire en 2035: trois fois plus qu’en 2015.

… de moins en moins carbonée

Ce virement de bord du premier consommateur mondial d’énergie ne sera pas conséquences sur les marchés mondiaux. Pour la première fois, BP estime plausible que la consommation planétaire de charbon se stabilise vers 2035. Le développement des énergies renouvelable est aussi plus rapide que ne le pensaient, l’an dernier, les prospectivistes du géant des hydrocarbures. Dans l’opus 2017, ils revoient de 15% à la hausse le productible des énergies vertes pour 2035.

L’arrivée en trombe des véhicules électriques, hybrides, autonomes, interpelle les pétroliers. Avec quelle conséquence sur la demande en carburants liquides?, s’interrogent-ils. Tout dépend des parts de marché que s’octroiera chacune des nouvelles écuries automobiles. Globalement, le parc auto mondial devrait plus que doubler dans les deux prochaines décennies, dépassant les 2 milliards de véhicules. Mais là où 100 millions de voitures électriques réduisent de 1,4 million de barils/jour la demande d’essence et de gazole (soit 16%), le même parc de véhicules autonomes abattent seulement la consommation de pétrole de 0,4 million de barils/jour.

Quid des émissions de CO2? Là non plus, rien n’est encore écrit. Sans grande évolution de nos politiques et de nos comportements, les rejets carbonés imputables à notre consommation d’énergie bondiront d’une quinzaine de pourcents, plafonnant à un peu moins de 40 milliards de tonnes de CO2 par an. Une transition énergétique ambitieuse, comprenant une taxe carbone de 100 $/t, pourrait, a contrario, faire baisser les émissions de 12%, voire de 32%, en contraignant par exemple les électriciens à stocker le CO2 et les propriétaires à rénover leurs bâtiments anciens.

Evolution annuelle (2015-2035) en %

Scénario BP transition lente

Scénario BP transition rapide

Scénario AIE 450

Scénario MIT 2°

La révolution Greenpeace

Emissions CO2

-0,7%

-2%

-2%

-2%

-3,2%

Energie

0,9%

0,8%

0,4%

0,5%

-0,1%

Intensité énergétique

-2,4%

-2,5%

-3%

-2,9%

-3,5%

Intensité carbone

-1,5%

-2,7%

-2,3%

-2,5%

-3,5%

% dans le bouquet

 

 

 

 

 

Pétrole & gaz

51%

48%

48%

46%

39%

ENR

16%

23%

17%

29%

38%

Source: BP

 

Ces résultats sont-ils comparables à ceux d’autres études prospectives? Dans l’ensemble, oui. AIE, MIT ou Greenpeace, la plupart des grandes études internationales comparables voient baisser le rythme de consommation, les intensités énergétique et carbone. Toutes aussi annoncent un recul des énergies fossiles et une montée en puissance rapide des renouvelables et, souvent, du nucléaire. Ce qui diffère le plus souvent, c’est l’évaluation de la chute des prix à venir des énergies renouvelables, la rapidité avec laquelle les technologies de rupture et les nouveaux comportements se banaliseront. Des questions dont les réponses sont, avant tout, politiques.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus