La transition énergétique fortement créatrice d’emplois

Le 15 mai 2018 par Stéphanie Senet
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La production d'électricité à partir d'énergies renouvelables représente à elle seule 2,5 millions de nouveaux postes d'ici à 2030
La production d'électricité à partir d'énergies renouvelables représente à elle seule 2,5 millions de nouveaux postes d'ici à 2030

La transition vers une société bas carbone créera plus d’emplois qu’elle n’en détruira, selon le rapport publié le 14 mai par l’Organisation internationale du travail (OIT). D’ici 2030, la planète devrait gagner 18 millions d’emplois. A condition de mettre réellement en place une économie respectueuse de l’environnement.

 

La grande majorité des activités économiques s’en sortiront gagnantes. Avec des gains plus importants que prévu. Sur les 23 secteurs analysés par l’OIT, seuls 14 connaîtront plus de 10.000 suppressions de postes à l’échelle mondiale du fait de la transition. Parmi eux, l’extraction pétrolière et le raffinage, bien sûr, qui seront respectivement amputés de 1,4 et 1,6 million d’emplois.

 

La palme à l’énergie

C’est au secteur énergétique que semble vouée la palme du travail. Le nombre de ses salariés pourrait s’accroître de 18 millions en 15 ans. Soit 24 millions d’emplois nouveaux pour 6 millions de suppressions[1]. Une condition toutefois: que l’on se place au plus vite sur le chemin de la stabilisation à 2 degrés. Ce qui implique une décarbonation accélérée d’un secteur à l’origine de 42% de rejets de CO2 énergiques.

Un exemple parmi d’autres: la production d’électricité à partir d’énergies renouvelables représentera 2,5 millions de nouveaux postes[2]. La fabrication de véhicules électriques et l’amélioration de l’efficacité énergétique des logements ne devraient pas être en reste.

L’économie circulaire figure aussi au palmarès des secteurs les plus prometteurs, avec 6 millions de nouveaux postes d’ici 2030 dans le recyclage, la réparation, la location de biens et de services, et la réutilisation.

 

Stress thermique inéluctable

Un bémol de taille: le stress thermique lié au réchauffement va accroître les maladies et les coups de chaleur. De quoi réduire de 2% par an le nombre d’heures travaillées par an. Les emplois agricoles et les pays développés seront en première ligne. Par comparaison, une baisse de 0,8% a déjà été observée entre 2000 et 2015 en raison des catastrophes climatiques et des fortes températures.

 

2 millions d’emplois supplémentaires en Europe

La transition profitera davantage à la région Asie-Pacifique (+14 millions d’emplois) qu’à l’Amérique (+3 millions) et à l’Europe (+2 millions). Royaume des énergies fossiles, le Proche-Orient devrait en revanche perdre plus de 300.000 postes. Un chiffre à relativiser: c’est le nombre d’emplois supprimés par l’industrie pétrolière de la région entre 2015 et 2016, à la suite de la baisse des prix du brut. Quant à l’Afrique, elle pourrait en supprimer 350.000, à cause de la baisse d’activité des mines.

 

Des emplois reconnectés

1,2 milliard d’emplois dépendent aujourd’hui d’un environnement sain et durable. Soit 40% des postes dans le monde. «Le rapport souligne que les emplois dépendent pour beaucoup de la qualité de l’environnement et des services qu’il fournit. L’économie verte peut permettre à des millions de nouvelles personnes de surmonter la pauvreté. C’est un message positif, porteur d’espoir dans un monde aux choix complexes», affirme la directrice générale adjointe de l’OIT, Deborah Greenfield.

Pour être menée à bon port, cette transition devra s’accompagner de formations et de protections sociales adéquates. Avec des besoins différents selon les régions. «Les pays à faible revenu et certains pays à revenu intermédiaire ont encore besoin d’aide pour collecter les données et financer la transition vers une économie durable, qui inclut toutes les couches de la société», conclut l’économiste Catherine Saget, auteure principale du rapport.

 



[1] L’OIT se base sur le scénario mis au point par l’Agence internationale de l’énergie (AIE)

[2] L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena, International Renewable Energy Agency) estime que le développement des énergies renouvelables créera 28 millions d’emplois dans le monde d’ici à 2050.

 



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