La transition énergétique européenne peut attendre

Le 21 mai 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Quand Gérard Mestrallet interpelle les politiques européens
Quand Gérard Mestrallet interpelle les politiques européens

C’est entendu, la politique européenne de l’énergie a échoué. Ce n’est pas le JDLE qui le dit, mais Gérard Mestrallet, dans l’entretien qu’il accorde, ce 21 mai, au Monde.

Pour le patron de GDF Suez, «la politique européenne en la matière avait un triple but: lutter contre le réchauffement climatique, améliorer la compétitivité et assurer la sécurité d'approvisionnement du continent. Or sur ces trois volets, c'est l'échec».

La faute, selon lui, en revient à la Commission et à certaines capitales (comme Berlin) «qui ont pris des décisions dans leur coin».

Pas un mot, en revanche, sur ces énergéticiens européens qui ont investi de par le monde (GDF au Mexique, EDF aux états-Unis et au Brésil, par exemple) en oubliant parfois de monter en gamme dans leur propre fief.

Pas un mot, non plus, sur les états qui, non contents de décider dans leur coin, maintenaient leurs monopoles nationaux ou régionaux, bloquaient la construction d’interconnexions ou la mise en concession d’ouvrages hydrauliques pour des questions électoralistes, menaient des politiques incohérentes en soutenant les renouvelables tout en négligeant l’efficacité énergétique.

Qu’à cela ne tienne, les industriels sont de retour. Avec 7 confrères (dont E.ON, RWE, Enel, Iberdrola, Gas Natural Fenosa), GDF Suez adresse aujourd’hui un message aux politiques européens. Les énergéticiens ne veulent pas d’argent «mais de la visibilité, des règles stables et homogènes en Europe, des objectifs quantifiés jusqu'en 2030 en matière de lutte contre le réchauffement climatique».

Fort opportunément, cet appel est lancé à quelques heures de la tenue (le 22 mai) d’un Conseil européen, en partie consacré à l’énergie. Que devrait-il en sortir? Quelques déclarations grandiloquentes, du style: «Nous aurons besoin de 1.000 milliards d’euros en investissements pour financer la transition énergétique d’ici 2020», comme le déclarait récemment Herman van Rompuy, le président du conseil de l’UE.

Plus sérieusement, cette réunion des chefs d’état et de gouvernement devrait accoucher de la fameuse communauté européenne de l’énergie, concept porté depuis quelques temps par Jacques Delors, ancien président de la Commission.

Cette communauté n’aura ni visage ni bureau. Mais ses principes devraient encadrer les politiques nationales. Exit, la prise de grandes décisions nationales sans en référer à ses voisins (comme la sortie du nucléaire en Allemagne). Les renouvelables continueront d’être soutenues mais en tenant compte de «leur rapport coût-efficacité et de leur intégration au marché intérieur». Ce qui n’annonce rien de bon pour le photovoltaïque.

L’encadrement sera toutefois réduit à la marge puisque demeure le sacro-saint principe selon lequel la composition du bouquet énergétique reste une affaire nationale.

En revanche, le Conseil devrait appeler au développement, «durable» bien sûr, des pétrole et gaz de schiste, au nom de la sécurité d’approvisionnement, de la compétitivité économique et de la protection du climat…

Sans surprise, aucune décision ne devrait être prise quant au mode de financement des fameux «1.000 milliards d’euros». La Commission ne veut pas réformer le système des aides d’état. Et lesdits états n’ont plus un euro en poche.

La transition peut attendre.

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus