La transition énergétique, c’est (vraiment) rentable

Le 11 septembre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Les ménages britanniques ont tout à y gagner
Les ménages britanniques ont tout à y gagner

Ce n’est pas Ségolène Royal qui l’affirme, mais des économistes britanniques. Mandatés par le WWF, des chercheurs de Cambridge Econometrics ont évalué l’impact macro (pour l’économie du Royaume) et micro-économique (pour les ménages) de la transition à l’anglaise.

En 2008, le Royaume-Uni s’est fixé pour objectif d’abattre de 80% ses émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050[1]. Pour y parvenir, Londres doit gérer 4 budgets carbone quinquennaux sur la période 2008-2027[2]. Un dispositif que l’on retrouve dans le projet de loi français relatif à la transition énergétique pour la croissance verte.

 

Budgets carbone

 

Publié mercredi 10 septembre, le rapport de Cambridge Econometrics chiffre avec une relative précision les retombées économiques de la décarbonation de la société britannique. Trois scénarios ont été testés: arrêt de la lutte contre le changement climatique, respect des 4 budgets carbone et dépassement des objectifs fixés par la loi de 2008.

Soyons réalistes, demandons le possible, à savoir les résultats, pour 2030, du second business model, baptisé 4CB. Au plan macro-économique, les nouvelles sont bonnes. Les économistes estiment que les 20 milliards de livres (25 milliards d’euros) consentis annuellement pour améliorer l’efficacité énergétique, modifier le système énergétique, développer les énergies renouvelables, produire des véhicules sobres créeront 190.000 emplois nets et apporteront un point de plus au PIB.

 

Réduction des consommations

 

Bien sûr, il y aura aussi des perdants, concède Cambridge Econometrics. Notamment dans le secteur de la distribution de carburant et de combustible, ainsi que dans le raffinage, un secteur déjà mal en point. Car, pour diminuer de moitié ses émissions de GES, le Royaume-Uni aura réduit d’un tiers sa demande de produits pétroliers et de moitié sa consommation de gaz naturel. Ce qui permettra aussi d’alléger d’une dizaine de milliards d’euros le montant annuel de ses importations d’hydrocarbures.

Certes, les taxes sur l’énergie rapporteront moins au Trésor de la couronne. Mais la reprise économique engendrée par la chasse au carbone devrait accroître de 7 Md€ les rentrées fiscales (TVA, impôts sur les bénéfices, etc.). A noter aussi le gain pour la sécurité sociale, imputable à la baisse de la pollution de l’air, évalué entre 120 et 360 M€ par an.

 

Hausse du pouvoir d’achat

 

Le pouvoir d’achat des ménages devrait y gagner aussi. Les auteurs évaluent à 565 £ (709 €) le gain annuel de chaque famille britannique. Le résultat d’une baisse des charges liées à l’énergie (les maisons sont mieux isolées, les chaudières plus performantes et les voitures consomment moins) et d’un accroissement des revenus salariaux (l’économie a créé 190.000 emplois).

Aussi réjouissante soit-elle, l’étude de Cambridge Econometrics souffre des mêmes maux que toutes les études prospectives. Ses auteurs parient sur l’évolution des prix de l’énergie, la vitesse de déploiement des technologies, l’amélioration de l’activité économique, etc. Ils considèrent aussi que l’Ecosse (son pétrole, son gaz et ses énergies marines) restera britannique. Et là, rien n’est moins sûr.



[1] Entre 1990 et 2012 a déjà réduit d’un quart ses émissions de GES, en grande partie par le remplacement de ses centrales thermiques au charbon par des installations au gaz.

[2] -23 % entre 1990 et 2012, -29 % entre 1990 et 2015, -35 % entre 1990 et 2022 et -50 % entre 1990 et 2027.

 



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