La transition énergétique à la peine en Europe

Le 28 octobre 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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La consommation d'énergie, en Europe, a baissé de 1%/an, en moyenne.
La consommation d'énergie, en Europe, a baissé de 1%/an, en moyenne.
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L’Agence européenne de l’environnement publie un bilan à mi-parcours de la mise en œuvre des mesures du paquet Energie Climat 2020. La France ne brille pas par ses résultats.

Quatre jours après l’adoption du paquet Energie Climat 2030, l’Europe fait ses comptes. Dans un rapport mis en ligne mardi 28 octobre, l’Agence européenne de l’environnement (AEE) évalue les chances des 28 d’atteindre les objectifs que leur a déjà fixés le paquet Energie Climat 2020 (PEC 2020).

L’UE, bonne collectivement

Adopté en 2008, le PAC 2020 prévoit que 20% de l’énergie que nous consommerons dans 6 ans soit issue de sources d’énergies renouvelables et que nous améliorions notre efficacité énergétique de 20%. Tout ça pour que l’UE 28 abatte de 20% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) entre 1990 et 2020. Ces trois objectifs ont été déclinés par pays membre, en fonction de sa situation économique. La France devra ainsi produire 23% de son énergie avec des «renouvelables».

A mi-chemin de l’échéance, la situation s’annonce plutôt bonne. Du moins collectivement. D’ores et déjà, les 28 ont réduit de 19% leurs rejets de GES depuis 1990. A ce rythme, l’AEE estime que l’UE réduira ses émissions de 21%, voire 24%, entre 1990 et 2020, dépassant ainsi son objectif de 20%. Avec 14% de la consommation d'énergie finale provenant des énergies renouvelables en 2012, l’UE est en avance sur sa trajectoire. «De même, la consommation énergétique de l’UE diminue plus rapidement que strictement nécessaire pour atteindre l'objectif d'efficacité énergétique pour 2020», estime l’AEE dans un communiqué.

Pour autant, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande et Irlande ne sont pas sur la bonne trajectoire pour espérer réduire suffisamment leurs émissions de GES.

Progrès plus lents que prévu

«Notre analyse montre que l'Europe est en bonne voie pour atteindre ses objectifs d’ici 2020», explique Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l’AEE. «Même dans le contexte de récession économique de ces dernières années, les politiques et les mesures fonctionnent et ont manifestement joué un rôle essentiel pour atteindre ce résultat intermédiaire. Toutefois, ne nous reposons pas sur nos lauriers. Les analyses que nous publions aujourd'hui mettent en lumière des pays et des secteurs dans lesquels les progrès ont été plus lents que prévu.»

Neuf pays[1] devraient atteindre leurs trois cibles, estime l’AEE. Pour les renouvelables, 22 Etats sont en bonne voie. Manquent à l’appel: la France, l’Espagne, l’Irlande, Malte, les Pays-Bas et le Portugal. A noter que la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, le Luxembourg et le Royaume-Uni ont déjà rempli leur contrat en énergies vertes pour 2020.

Sur le plan de l'efficacité énergétique, entre 2005 et 2012, «la consommation d'énergie a diminué plus rapidement qu'il n'était nécessaire pour atteindre les objectifs de 2020», assure le rapport, à raison d'une baisse de 1,1% par année en moyenne. Cependant, rappelle l’agence, «la crise économique a joué un rôle important dans ce résultat». En conséquence, et «alors que la croissance repart graduellement, plus d'efforts sont nécessaires pour s'assurer que les objectifs de 2020 seront atteints», précise l'AEE.

Un avenir délicat

Le message sera sans doute entendu par les 17 pays qui sont en bonne voie d’atteindre leur objectif national (et non contraignant) d’amélioration de leur efficacité énergétique. Quid, en revanche, de la France, de l’Allemagne, de l’Autriche, de la Belgique, de la Bulgarie, de l’Estonie, de la Lituanie, de Malte, des Pays-Bas et de la Pologne, qui ne sont pas dans les clous.

L’avenir s’annonce des plus délicats. A la question de savoir si la poursuite des politiques mises en œuvre suffira pour atteindre les buts fixés par le train de mesures adopté le 24 octobre, l’AEE répond résolument par la négative. «Il faudra élaborer de nouvelles politiques pour être sûr d’atteindre l’objectif des 40%», poursuit l’agence de Copenhague.



[1] Croatie, Chypre, République Tchèque, Danemark, Grèce, Hongrie, Roumanie, Slovaquie et Royaume-Uni.

 



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