La transition énergétique à l’anglaise

Le 11 juillet 2014 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Pas de transition énergétique sans réseaux.
Pas de transition énergétique sans réseaux.
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Comme la France, le Royaume entend réaliser sa transition énergétique. Il a d’ailleurs bien commencé, notamment dans le secteur électrique. Depuis décembre 2012, les électriciens britanniques ont arrêté 8.200 mégawatts de capacités au charbon, pour se plier à la directive européenne sur les grandes installations de combustion.

L’occasion de se projeter dans le futur énergétique. Ce qu’a fait National Grid. Le principal gestionnaire de réseaux de transport d’électricité et de gaz d’Angleterre du Pays de Galle vient de publier une série de scénarios énergétiques possibles pour 2035.

Baptisé «la vie bas carbone», le premier exercice de prospective plonge le Royaume dans une période où l’argent est abondant, mais la conscience environnementale relativement faible. Il existe un consensus pour décarboner l’économie et la production d’énergie, mais à petite vitesse. Résultat: on investit dans la recherche, les réseaux de chaleur, les renouvelables, le nucléaire et le véhicule électrique. En 2035, les capacités installées atteignent 138 gigawatts (+40% en 20 ans), dont 97 GW n’émettent pas ou peu de CO2. En deux décennies, la demande d’électricité ne progresse que de 8% contre 3,5% pour le gaz. Les capacités des interconnections ont pratiquement doublé. Finalement, les émissions de CO2 du secteur chutent de 60%.

Le rêve écolo

«Gone Green» est le scénario préféré des écolos. Comme précédemment, la croissance économique s’est durablement installée. Et cette fois, les Britanniques en profitent pour investir massivement dans la transition énergétique. Un effort encouragé par Bruxelles qui a enfin réussi à imposer aux 28 une politique Energie Climat cohérente. Londres atteint ses objectifs de 23% de renouvelables en 2030 et 39% en 2050. Eolien, hydrolien, biomasse, mais aussi programme de rénovation des bâtiments: tout est bon. En 20 ans de ce traitement de choc, les consommations d’électrons augmentent de 12%: une hausse en partie imputable au parc de 5 millions de véhicules électriques. Dans le même temps, la demande de gaz chute de 15%. Les centrales à captage-stockage géologique de CO2 (CSC) et les renouvelables représentent 66% du parc de production d’électricité. L’importance des énergies intermittentes explique que National Grid a dû tripler les capacités des interconnexions. Là encore, on réduit des deux tiers les rejets de GES.

2 millions de voitures électriques

«Slow Progression» brosse le portrait d’une société britannique en difficulté financière, mais qui ne renonce pas à son idéal climatique. On installe lentement, mais sûrement, renouvelables, hydrolien, nucléaire et CSC. Et on investit dans l’efficacité énergétique. Comme le scénario précédent, «Slow Progression» nécessite une politique publique ambitieuse pour réduire des trois quarts les émissions carbonées du secteur énergétique britanniques d’ici 2050. Originalité: la consommation de gaz baisse de 20% en 20 ans, et celle d’électricité de 6%. Cette fois, le nombre de véhicules électriques n’atteint pas les 2 millions d’exemplaires. Qu’importe: le secteur énergétique parvient tout de même à réduire de 60% ses émissions.

Comme son nom l’indique, «No Progression» ne mène pas très loin. Normal: les crédits manquent et l’heure n’est plus à la fête verte. Les demandes d’énergie sont stables. On double quasiment la capacité des installations à bas ou à pas de carbone. Près de 2 millions de voitures électriques circulent à gauche. Malgré cela, les émissions de CO2 ne baissent que de 6% en 20 ans.

Intéressante, l’étude de National Grid montre deux choses essentielles. D’une part, il faudra utiliser tous les moyens à notre disposition pour espérer décarboner les secteurs de l’énergie et du résidentiel. D’autre part, aussi important soit le parc de production d'électrons, il ne faudra pas faire l’impasse sur les réseaux, seuls à même d’assurer la sécurité d’approvisionnement (les jours sans vent) et la solidarité avec les pays voisins.



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