La toxicité des nanomatériaux sur les gènes va être évaluée

Le 22 mars 2010 par Gaëlle Fras
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L’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset) a lancé, le 18 mars, une étude européenne pour la caractérisation de la génotoxicité de certains nanomatériaux déjà sur le marché et la mise au point de tests d’évaluation standards.

D’ici à trois ans, les incertitudes qui pèsent sur la capacité des nanomatériaux à compromettre l’intégrité du patrimoine génétique humain seront peut-être levées. C’est en tout cas l’objectif que se fixe le programme Nanogenotox, coordonné par l’Afsset, qui cherche à élaborer une méthode alternative, robuste et fiable de détection du potentiel génotoxique des nanomatériaux susceptibles d’engendrer un risque de cancer ou de toxicité pour la reproduction chez l’homme, et à la transmettre à la Commission européenne d’ici à 2013.

En effet, selon l’avis de janvier 2009 du comité européen sur les risques sanitaires émergents (1), peu de données existent sur le potentiel génotoxique spécifique des substances à l’échelle nanométrique, comparativement aux substances de même entité chimique à plus grande échelle et les résultats des études menées sont contradictoires.

Lancé en février 2009 par un appel communautaire de l’Agence exécutive pour la santé et les consommateurs, ce programme, sera mené à bien par 18 organismes de recherche et d’expertise de 13 Etats membres (2). L’étude portera sur 14 nanomatériaux manufacturés issus de trois familles: dioxyde de titane, silice et nanotubes de carbone. Ces nanos ont été sélectionnés en fonction de leurs usages possibles dans différents types de produits (cosmétiques, aliments, produits de consommation courante), des voies d’exposition potentielles (orale, cutanée, inhalée), et de leur production en Europe.

Afin d’atteindre ses objectifs, Nanogenotox comprend plusieurs étapes. Le programme devra tout d’abord identifier précisément les 14 nanomatériaux à tester par une caractérisation physique et chimique la plus complète possible; puis connaître la distribution des nanomatériaux dans l’organisme vivant (toxico-cinétique des nanomatériaux) et enfin réaliser les tests de génotoxicité in vivo adéquats qui seront comparés aux tests de génotoxicité in vitro.

Le projet est doté d’un budget total de 6,2 M€: 45% proviennent de la Commission européenne, le solde étant financé par des organismes partenaires et des ministères des Etats membres participant au projet. Pour la France, le financement principal est assuré par le ministère en charge de la santé.

Au côté de l’Afsset, le volet français implique également l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) -les deux organismes étant en cours de fusion- l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, le Commissariat à l’énergie atomique et l’Institut Pasteur de Lille.

Nanogenotox vient en renfort d’autres initiatives internationales, tel le programme de parrainage des nanomatériaux manufacturés de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et les travaux de caractérisation du comité technique sur les nanotechnologies de l’Organisation internationale de normalisation.

(1) Scenhir: Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks
(2) Belgique, Bulgarie, Allemagne, Danemark, France, Finlande, Irlande, Pays-Bas, Pologne, Italie, Portugal, Espagne, Royaume-Uni


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