La tourterelle des bois au Conseil d’Etat

Le 02 septembre 2019 par Romain Loury
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La tourterelle des bois
La tourterelle des bois

Pour la première fois, la chasse à la tourterelle des bois fera l’objet qu’un quota en France, avec un plafond fixé à 18.000 individus pour la saison de chasse 2019-2020 qui s’ouvre fin septembre. Si le gouvernement s’en glorifie, la Ligue de protection des oiseaux (LPO), qui a saisi le Conseil d’Etat, y voit un nouveau cadeau fait aux chasseurs.

Passant outre l’avis du Conseil national de la gestion adaptative (CEGA), qui préconisait de stopper sa chasse, le ministère de la transition écologique a autorisé, fin juillet, le prélèvement de 6.000 courlis cendrés. Peine perdue: l’arrêté ministériel a été suspendu le 26 août par le Conseil d’Etat, sur saisine de la LPO.

Le CEGA revoit ses calculs

L’histoire pourrait bien se répéter, cette fois-ci avec la tourterelle des bois. Alors que le CEGA se disait, en mai dernier, favorable à un moratoire sur la chasse de ce colombidé, classé comme «vulnérable» dans la Liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le ministère de la transition écologique l’a prié de revoir ses calculs.

Le conseil a alors proposé le chiffre de 18.300 individus, «niveau correspondant à la moitié de la croissance naturelle de l’espèce», indique le ministère dans un communiqué publié lundi 2 septembre.

Pour la LPO, ce chiffre correspond en réalité à la probabilité de stabiliser les populations  à une chance sur deux (contre 43% en cas de moratoire), ce qui «dépend de la bonne disposition des autres pays à réduire également leurs prélèvements». Pas évident, alors que les chasseurs espagnols abattent chaque année plus de 800.000 de ces oiseaux migrateurs.

5 fois moins qu’avant

Malgré cela, le ministère présente ce quota de 18.000 tourterelles, publié samedi 31 août au Journal officiel, comme un succès de la conservation des espèces. «Avant cet arrêté, aucun quota n’était fixé, ce qui conduisait à un prélèvement estimé à 92.000 oiseaux par an. La mise en place du quota permet donc de diviser par 5 les prélèvements de cette espèce», se réjouit-il.

Pour la LPO, qui a de nouveau saisi le Conseil d’Etat afin de faire annuler l’arrêté, «cette décision contre nature en dit long sur la persistance du lobby cynégétique en France». Une attitude qui lui a valu, fin juillet, une mise en demeure de la Commission européenne pour infraction à la directive Oiseaux, notamment en raison de la chasse aux oiseaux migrateurs et de pratiques de chasse non sélectives, sous couvert de tradition, à la glu et au filet.

Inscrit dans la loi du 24 juillet 2019 créant l’Office français de la biodiversité (OFB), le principe de la gestion adaptative «vise à adapter le niveau de prélèvement à l’état de conservation de l’espèce», rappelle le ministère. Pour la LPO, le gouvernement l’utiliser pour laisser perdurer la chasse d’espèces vulnérables.



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