La tique, cette inconnue

Le 27 février 2017 par Marine Jobert
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La tique, petite tête, gros corps.
La tique, petite tête, gros corps.
DR

L’Institut national pour la recherche agronomique (Inra) lance un projet de science participative pour percer à jour les mystères de la tique (Ixodes ricinus), vecteur -entre autres- de la maladie de Lyme. Peut-on se faire piquer en hiver comme en été? Y a-t-il des heures où les tiques sont plus actives? Se fait-on plutôt piquer dans les forêts, dans les parcs urbains, dans les jardins? Quels sont les agents pathogènes les plus présents chez les tiques? Autant de données qui seront transmises aux scientifiques par smartphone.

Les us et coutumes d’Ixodes ricinus sont encore mal connus. Cet arthropode pœcilotherme (‘à sang froid’), qui semble particulièrement goûter les atmosphères humides et chaudes, est un opportuniste qui se nourrit aussi bien du sang de rongeurs que de celui de cervidés. Mais aussi de celui des hommes, lui transmettant au passage de nombreux pathogènes présents dans la faune sauvage. En France, ce sont près de 26.000 personnes qui contractent chaque année la borréliose de Lyme, selon les autorités sanitaires. «Cette maladie a été sous estimée pendant longtemps par les praticiens, car elle est très difficile à diagnostiquer. Si bien qu’il est difficile de dire s’il y a plus de cas aujourd’hui qu’avant, sans compter qu’il n’existe pas de tests pour détecter la plupart des autres agents pathogènes également transmis par les tiques,  explique Jean-François Cosson, directeur de recherche à l’Inra. En plus des changements climatiques, on assiste à un accroissement des massifs forestiers qu’affectionne cette tique, car la plupart de ses proies (elles-mêmes en expansion) s’y trouvent.»

Massif forestier en expansion

C’est dans ce «contexte favorable» que les chercheurs de l’Inra de Jouy-en-Josas, en partenariat avec l’Inra de Nancy-Lorraine, le Laboratoire d’excellence Arbre et l’Université de Lorraine, veulent obtenir des données concrètes. D’où l’idée, inspirée par des initiatives similaires en Suisse et aux Pays-Bas, de demander aux promeneurs d’indiquer, via un smartphone, où et quand eux-mêmes ou leur animal de compagnie auront été piqués. «On ne sait pas trop où et quand les gens sont piqués, car ils ne vont pas systématiquement chez le médecin, enlèvent eux-mêmes la tique et la jettent.» Or, contrairement à l’idée selon laquelle les piqures surviendraient essentiellement dans les forêts, on en recenserait aussi beaucoup dans les parcs urbains et dans les jardins, assure le spécialiste de l’écologie des maladies infectieuses. «Mais on manque de données précises.»

Collecter au lieu de jeter les tiques

Autre incertitude: quelles sont les saisons les plus favorables aux piqures? Y en a-t-il plus à l’automne et au printemps, saisons réputées favorables à l’animal, ou leur fréquence est-elle aussi élevée en été et en hiver? Un réseau de collecte des tiques pourrait voir le jour pour que les personnes piquées les confient à leur pharmacien ou à leur médecin, au lieu de les jeter après les avoir enlevées. «Elles seront analysées pour savoir de quelles bactéries elles sont porteuses.» L’application n’est pas encore finalisée, mais devrait voir le jour au plus tard fin 2017. «Mais tout est déjà en place au plan scientifique, avec des équipes prêtes à utiliser ces données et des réseaux de citoyens prêts à participer», assure Jean-François Cosson.

 

 



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