ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
imprimer Ajouter à vos favoris envoyer à un ami Ajouter à mes favoris Delicious Partager cet article sur WikioPartager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedinPartager cette page sous TwitterS'abonner au flux RSS du JDLE

La Thaïlande sous les eaux polluées

Le 16 novembre 2011 par Geneviève De Lacour

Alors que des élus du parti au pouvoir en Thaïlande envisagent un déplacement de la capitale, des milliards de mètres cubes d'eau douce mais putride s’écoulent lentement mais inexorablement vers le golfe de Thaïlande.

Venues des plaines centrales du pays, ces masses d'eau ont traversé le pays du nord au sud depuis juillet, inondant les rizières, envahissant les villes et les zones industrielles et se transformant jour après jour en une masse huileuse, ignoble et insalubre. Désormais c’est au tour de la faune et de la flore marines du Golfe d'affronter le désastre.

Pêcheurs et pisciculteurs sont aujourd'hui prévenus du double danger que représente cette masse pour l'écosystème, qui provoque non seulement une baisse subite et prolongée de la salinité du Golfe, mais qui devrait aussi relâcher dans l'environnement marin des déchets toxiques au potentiel dévastateur. L'aquaculture, l'une des activités majeures du Golfe, risque donc de souffrir, après la destruction de centaines de milliers d'hectares de récoltes et la submersion de centaines d'usines.

«Le Golfe va recevoir de l'eau douce, beaucoup d'eau douce. Celle-ci ne va pas trop affecter les poissons, mais elle va toucher les organismes vivant dans la vase, comme les palourdes, qui vont mourir», explique le professeur Pramot Sojisuporn, du département des sciences de la mer de l'université Chulalongkorn de Bangkok. Il estime que la salinité du Golfe pourrait être divisé par 15 pendant un certain temps.

Le 14 novembre dernier, le département de la pêche du ministère de l'agriculture a conseillé aux paysans de la province de Samut Sakhorn, au sud de Bangkok, ainsi qu'à ceux de l'ouest de la capitale, de déplacer les élevages dans des lieux sûrs et de renforcer les protections des bassins.

Mais Ply Pirom, militant de Greenpeace, estime que des millions d'organismes marins pourraient être décimés, car «il est impossible de protéger tout le Golfe».

«A court terme, nous allons voir plus de poissons morts le long de la côte du golfe de Thaïlande à cause de la [baisse de la] salinité», a pronostiqué le militant. Les petits organismes sont plus sensibles que d'autres au changement de qualité de l'eau. Ils vont finir par mourir alors qu'ils forment la base de l'alimentation des gros poissons.

«Et quand la mer finira, naturellement, par retrouver un taux de sel normal, ce sont les polluants divers -notamment pesticides, déchets industriels et ordures diverses- qui perturberont à leur tour l'équilibre naturel.»

«Ce qui est inquiétant, a-t-il souligné, c'est que l'eau se charge de produits chimiques avant d'entrer dans le golfe de Thaïlande, qui est un système clos». Il est cerné par la terre et le courant est très lent.

Une équipe de l'université Chulalongkorn entamera des tests la semaine prochaine pour faire des prévisions sur la vitesse de dispersion de l'eau et l'ampleur de la zone touchée.

Le ministère de l'environnement et des ressources naturelles a annoncé qu’il allait également procéder à des mesures de la qualité de l'eau dans 50 sites le long du Golfe, ainsi que dans l'estuaire du Chao Phraya, le fleuve traversant Bangkok du nord au sud et qui a permis depuis des mois d'évacuer une partie des inondations.

«Nous devons contrôler des volumes importants pour savoir comment sera influencée la vie marine, combien de temps les effets vont durer et en combien de temps (la région) pourra s'en remettre», souligne un fonctionnaire du ministère sous couvert d'anonymat.

Dans le même temps, 20 députés du Puea Thai ont déposé une demande de «création d'une commission pour réfléchir à l'opportunité de changer de capitale ou de créer une deuxième capitale», a indiqué mardi 15 novembre le député Sataporn Maneerat, appelant à «envisager une autre ville». La capitale s’enfonce inexorablement et les politiciens craignent donc que ces inondations persistantes ne se répètent.

«La commission va étudier [la situation], inviter des gens, étudier des rapports et des informations sur de possibles solutions», a ajouté le député, évoquant la possibilité de créer cette nouvelle capitale dans la province de Nakon Nayok, au nord-est de Bangkok, ou de Phetchabun, bien plus au nord.

 


A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor