La technologie ne pourra pas tout pour le climat en Europe

Le 15 décembre 2015 par Hélène Huteau
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20% d'augmentation de GES depuis 1990 dans les transports
20% d'augmentation de GES depuis 1990 dans les transports

Les comportements doivent changer vis-à-vis de la voiture et les modes de transport alternatifs se développer pour atteindre les objectifs d’émission européens, selon un nouveau rapport de l’AEE.

Les émissions de gaz à effet de serre (GES) liées aux transports ont augmenté de 19,4% depuis 1990. C’est l’unique secteur économique majeur pour lequel les GES augmentent, selon l’Agence européenne de l’environnement (AEE). Dans un rapport où elle évalue l’intégration de 15 ans de politiques de transport et de politiques environnementales, l’AEE conclut que «la décarbonation du secteur réclamera davantage que des solutions technologiques mais également des politiques stimulant des changements comportementaux significatifs».

En 2013, les transports contribuaient à près d’un quart des émissions totales de l’Union européenne. Les voitures particulières contribuent pour 45% des émissions du secteur et les poids lourds en représentent 20%.

Incitations au diesel répandues

Les politiques environnementales de l’UE sur le fuel, la qualité de l’air, le bruit et la protection de la nature ont cependant permis des progrès. Les émissions de trois polluants de l’air -oxydes de soufre (SOx), d’azote (NOx) et les particules fines (PM)- ont reculé entre 2000 et 2013. Cependant, la proportion de diesel dans les énergies consumées sur le bitume a augmenté substantiellement pendant le même temps. En outre, l’AEE s’inquiète d’un écart croissant entre les émissions «officielles» et les émissions réelles constatées sur route (particulièrement pour les NOx, liés au diesel, mais aussi pour le CO2). Les incitations financières de nombreux gouvernements européens ont encouragé cette prééminence du diesel. Le nombre de moteurs électriques a augmenté mais représente toujours une proportion minimale de 0,07% des véhicules particuliers.

La crise économique a donné un sérieux coup de frein à la croissance du transport en Europe, et donc à ses nuisances, par la même occasion. Le développement du transport de marchandises, comme de passagers a chuté en 2008, pour rester relativement stable ensuite. Le fret était 7,3% plus important en 2013 qu’en 2000 et le nombre de kilomètres par passager a cru de 8,4% dans le même temps.

Efficacité énergétique insuffisante

Malgré les règlements européens destinés à encourager les modes de transport alternatifs, plus verts, c’est la voiture qui reste le mode dominant des particuliers. Et selon l’Agence, le transfert modal est la clef pour atteindre les ambitions de réduction d’émission de GES de l’UE, car «les progrès en efficacité énergétique sont souvent insuffisants pour réduire les impacts environnementaux». Opérer ce transfert modal demanderait de gros investissements d’infrastructures, continue l’AEE, complétés par des mesures de promotion de modes de transport plus écologiques. L’Agence pointe notamment «des innovations comme les systèmes de transport intelligents, de nouveaux modèles d’affaires et les futurs véhicules autonomes, qui pourraient améliorer l’efficacité du système de transport à l’avenir». Les nouveaux modèles d’affaires font référence à des usages de la voiture en mode partagé, et donc à des changements de comportement, où la voiture n’est plus qu’un mode de transport parmi d’autres. Une évolution sociétale qui ne figure pas dans la «stratégie pour le développement de la mobilité propre», fraîche émoulue du ministère de l’écologie.

 



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