La taxe Sodas, une solution à l’obésité aux Etats-Unis?

Le 18 janvier 2012 par Romain Loury
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Des chercheurs américains soulignent dans la revue Health Affairs l’intérêt d’une taxe Sodas, qui permettrait aux Etats-Unis d’économiser 17 milliards de dollars (13,25 milliards d'euros) de frais médicaux sur 10 ans.


Fruit d’un vif débat parlementaire, une telle taxe est en place en France depuis le 1er janvier. Prélevée à hauteur de 7,16 € par hectolitre de toute boisson à sucres ajoutés, elle a été présentée comme un nouvel outil de lutte contre l’obésité. Mais le doute règne dans l’industrie, qui n’y voit qu’une «taxe de rendement» sans impact sanitaire.
 

L’étude publiée par Claire Wang, de la Columbia University de New York, et ses collègues pourrait en partie les contredire. Les chercheurs ont modélisé les effets d’une taxe encore plus importante que celle en vigueur en France: «1 penny per ounce», soit l’équivalent de 26,6 €/hl, une hausse de 15 à 25% du prix.
 

Conséquences de cette taxe: la consommation de ces boissons baisserait de 15%. En admettant que seule 40% de la baisse calorique soit compensée par d’autres produits, le nombre d’adultes obèses diminuerait de 1,5% en 10 ans, celui de nouveaux cas de diabète de 2,6%. Un effet apparemment modeste, mais qui permettrait d’économiser 17,1 Md$ de frais médicaux, tout en rapportant 13 Md$ (10,13 Md€) à l’Etat.
 

En 10 ans, cette taxe préviendrait 95.000 infarctus du myocarde, 8.000 accidents vasculaires cérébraux (AVC) et 26.000 décès prématurés, calculent les auteurs. L’effet serait plus marqué chez les jeunes adultes pour l’obésité, chez leurs aînés pour les maladies cardiovasculaires et le diabète.
 

S’attendant à une rude opposition de l’industrie –qui s’est déjà mobilisée contre un tel projet à New York-, les auteurs rappellent les autres stratégies à mener en parallèle, telles que règlement nutritionnel dans les écoles, étiquetage des menus ou meilleur encadrement du marketing. «Quoi qu’il arrive, le succès ou l’échec d’une telle taxe dépendra de comportements individuels», estiment-ils.
 

Des taxes Sodas plus faibles, de 5,2% en moyenne, sont déjà en place dans une quarantaine d’Etats. Leur affectation varie, allant du financement d’une fondation médicale dans l’Arkansas au recyclage des déchets en Virginie.


 



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