La taxe carbone, et ça repart vivement

Le 13 février 2019 par Valéry Laramée de Tannenberg
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L'atteinte de la neutralité carbone impose de tarifer sévèrement les émissions de CO2.
L'atteinte de la neutralité carbone impose de tarifer sévèrement les émissions de CO2.
VLDT

Parlementaires et membres du gouvernement plaident pour une relance de la taxe carbone. Un plaidoyer qui prépare la publication du prochain rapport Quinet sur la valeur tutélaire du carbone en 2050.

 

Cela a pu déboussoler certains de ses lecteurs libéraux. C’est en effet dans les colonnes du Figaro que 86 députés ont lancé, mercredi 13 février, un appel pour «une fiscalité carbone juste socialement». Initié par Matthieu Orphelin, député non inscrit (ex-LREM), le texte explique que «la fiscalité carbone n'est pas un dogme, pas plus qu'un marqueur politique».

Parmi ses signataires figurent le rapporteur du budget Joël Giraud (LREM), la présidente de la commission du développement durable Barbara Pompili (LREM), mais aussi Erwan Balanant (MoDem), Jean-Christophe Lagarde (UDI-Agir), Guillaume Garot (PS) et Bertrand Pancher (Libertés et Territoires).

Grand débat

Très critiqué par l’opposition, qui veut réduire les prélèvements obligatoires, cet appel semble relever de l’opération commando préméditée. Dès sa parution, il a reçu le soutien d’Emmanuelle Wargon, l'une des deux animatrices du Grand débat, et du patron de La République en marche, Stanislas Guerini.

Dans un tweet, le ministre de la Transition écologique a indiqué qu’il était favorable à la reprise de la hausse de la taxe carbone, interrompue par le gouvernement, il y a quelques semaines. «Le Grand Débat est l'occasion d'en discuter», a souligné François de Rugy.

Nouveau prix du carbone

La discussion pourrait d’ailleurs s’ouvrir plus vite que prévu. Dans les prochains jours, l’économiste Alain Quinet doit présenter son nouveau rapport sur la valeur tutélaire du carbone. Celle-ci devra être cohérente avec les nouveaux objectifs climatiques de la France. Dit autrement, quel prix donner au carbone en 2050 pour atteindre la neutralité carbone?

Publié en 2009, le premier rapport Quinet appelait à valoriser la tonne de CO2 à 100 euros à l’horizon de 2030 et à 200 euros en 2050. Dans son prochain opus, l’inspecteur des finances pourrait proposer un prix pouvant atteindre les 1.000 euros par tonne à la moitié du siècle. De quoi rendre de nouveau très acceptable une taxe carbone qui, l’an passé, flirtait péniblement avec les 45 euros/t.

 

Ruissellement. C’est l’une des innombrables revendications des Gilets jaunes: consacrer le produit de la fiscalité environnementale à la transition écologique. Une bonne idée, a priori, car la France ne consacre pas assez d’argent à son verdissement. Selon I4CE, les investissements climat ont atteint, en 2017, 41,2 milliards d’euros. Or, pour bien faire, souligne la boîte à idées de la CDC, «il faudrait investir entre 55 et 85 Md€ par an». Bonne nouvelle: le produit des taxes environnementales a représenté 51 Md€ en 2016, dont une faible part est effectivement consacrée à la transition.

 



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