La surpêche recule un peu en Méditerranée

Le 12 décembre 2018 par Stéphanie Senet
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78% des stocks encore surexploités en 2018
78% des stocks encore surexploités en 2018

Les stocks surexploités ont régressé de 10% en Méditerranée, selon un rapport publié le 11 décembre par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à l’occasion du Forum sur les sciences de la pêche, qui se tient à Rome jusqu’au 14 décembre.

Une lueur d’espoir plane sur la Méditerranée et la mer Noire, où les stocks de poissons surexploités sont passés de 88% en 2014 à 78% en 2016. La FAO et la Commission générale des pêches pour la Méditerranée appellent pour autant à ne pas baisser la garde et à prendre des mesures énergiques. Au programme: réduction des prises accessoires et création de zones de pêche restreinte. Cette dernière action s’impose en particulier pour les espèces les plus exploitées en Méditerranée, dont le merlu européen, pêché à un niveau 6 fois supérieur à son rendement maximum durable (RMD), et le chinchard.

Menaces multiples

«La durabilité peut être coûteuse à court terme mais rien n’est plus coûteux que de manquer de poisson», a commenté Miguel Bernal, responsable des pêches à la FAO. Pour l’heure, elle ne concerne qu’une poignée de stocks, dont les petits pélagiques (sardines et anchois) et certains stocks de rougets et de crevettes roses d’eau profonde. A long terme, les pêcheries sont menacées par la surpêche mais aussi par la pollution due aux activités humaines, la dégradation des habitats, l’introduction d’espèces invasives et le réchauffement climatique. Une étude récente a notamment montré, dans la Manche, que la baie de Somme a perdu 80% de ses poissons en 30 ans à cause de l’élévation de la température de l’eau.

Espèces vulnérables sous pression

Les captures accidentelles d’espèces vulnérables représentent encore 230.000 tonnes de poissons en Méditerranée (18% des captures) et 45.000 t dans la mer Noire. Elles proviennent surtout du chalutage (40% des rejets accidentels) alors que la pêche artisanale en capture moins de 10%. Les tortues de mer sont les plus touchées (80% des cas), loin devant les requins et les raies (20%). Les prises d’oiseaux de mer et de mammifères marins sont difficilement quantifiables car ceux-ci n’apparaissent que rarement dans les déclarations de captures accidentelles.

Prises en baisse

Au total, 830.000 t de poissons ont été capturés en 2016 en Méditerranée, essentiellement des espèces benthiques et pélagiques (hareng, sardine, anchois), des mollusques et des crustacés. Un résultat en baisse depuis le record atteint en 1994 (1.087.000 t). De son côté, la mer Noire affiche 390.000 t de prises en 2016.

La Turquie s’avère le plus gros pays pêcheur (321.800 t et 26% des débarquements), devant l’Italie (185.300 t et 16% des débarquements) et la Tunisie (185.300 t et 9% des débarquements).



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