La surpêche menace de faire disparaître les grands animaux marins

Le 15 septembre 2016 par Stéphanie Senet
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Une sixième extinction de masse en vue
Une sixième extinction de masse en vue

Publiée dans le cadre de la conférence mondiale ‘Our Ocean’, qui s’ouvre ce 15 septembre à Washington, une étude montre que la surexploitation des seigneurs de la mer, comme la baleine bleue, le thon rouge ou le grand requin blanc, pourraient les faire disparaître des océans.

 

Publiée le 14 septembre dans la revue Science, cette étude affirme que les grands animaux marins sont plus menacés que les petits. De quoi perturber l’ensemble des écosystèmes océaniques sur de très longues périodes.

Les chercheurs de l’université Stanford, en Californie, ont examiné 2.497 groupes de vertébrés et de mollusques marins des 500 dernières années et les ont comparés à ceux d’il y a 445 millions d’années (période de l'Ordovicien-Silurien). «Notre analyse indique que plus l’animal est grand et plus son risque d’extinction est élevé», relève Jonathan Payne, paléobiologiste et coordinateur de l’étude.

Première réserve américaine dans l’Atlantique Plusieurs gouvernements ont profité de la conférence annuelle ‘Our Ocean’ pour annoncer la création de sanctuaires marins. Le président Obama a ainsi récidivé. Après avoir étendu fin août la réserve de Papahanaumokuakea (Hawaï), dans le Pacifique, il crée la première réserve américaine dans l’Atlantique, au large des côtes de la Nouvelle-Angleterre. De petite taille, elle doit s’étendre sur 12.700 kilomètres carrés. Havre de nombreuses baleines et tortues de mer, elle abrite aussi trois canyons sous-marins plus profonds que le Grand canyon de l’Arizona. Environ 5.000 km2 seront interdits à la pêche. «Le président américain a la chance de pouvoir créer une réserve naturelle avec sa seule signature (en vertu de l’Antiquities Act de 1906 ndlr)», observe Nicole Aussédat, chargée de mission pour l’ONG Pew.

Une 6e extinction plus forte que les précédentes

Au cours des 500 millions d’années écoulées, la Terre a déjà connu 5 extinctions de masse. En un temps, relativement court à l’échelle géologique (quelques millions d’années tout de même!), plus de la moitié des espèces animales et végétales ont disparu à cause de phénomènes naturels globaux: réchauffement, glaciation, phénomène astronomique, montée ou acidification des océans.

En cours, l’ampleur de la 6e extinction pourrait dépasser celle des précédentes si les pratiques de la pêche industrielle, qui cible en priorité les espèces situées en fin de chaîne trophique, perdurent. «Ces prédateurs jouent un rôle si important que leur disparition risque de provoquer des effets en cascade, modifiant la structure et la fonction des écosystèmes, au-delà de la seule disparition d’espèces», alerte Jonathan Payne.

Cette étude expliquerait pourquoi l’exploitation massive du Triton géant (Charonia tritonis), imposant mollusque des récifs coralliens, a entraîné l’essor de l’Acanthaster pourpre (Acanthaster planci), une étoile de mer dévoreuse de corail.

 

Inverser la tendance

La tendance à chasser les grands spécimens n’est pas spécifique aux océans. Elle a déjà été observée sur les espèces terrestres à l’ère préhistorique. Mais il n’est pas trop tard pour inverser la tendance. «On peut toujours modifier les traités internationaux sur la pêche et la chasse», conclut Jonathan Payne. La création d’aires marines protégées interdites à toute activité extractive (cf. encadrés) doit également être encouragée. Seulement 3% des océans dans le monde sont aujourd’hui interdits à toute activité de pêche.

 

 

 

Le Royaume-Uni étend la réserve naturelle de Pitcairn
Autour des 4 îles Pitcairn, dans le Pacifique, la pêche commerciale sera désormais interdite sur environ 830.000 km2. Cette annonce du gouvernement britannique intervient après une expérimentation d’un an pour surveiller la pêche illégale dans la zone économique exclusive de l’archipel. «Pew a développé, pour le compte de Londres, un outil de surveillance virtuelle (Eyes on the seas, ndlr) qui a permis d’observer la zone entre juin 2015 et mai 2016. Résultat: sur les 574 navires qui sont entrés dans la zone, il n’y a eu quasiment aucun navire de pêche illégale», note Nicole Aussédat de l’ONG Pew. Ce qui a convaincu Londres de créer officiellement une réserve marine.

 

La réserve des TAAF françaises bientôt étendue? Suite à l’avis positif du Conseil national de protection de la nature, l’extension de la réserve naturelle des Terres australes françaises avance. Des consultations doivent encore être ouvertes avant la publication du décret, attendue en décembre prochain. Elle doit couvrir 605.000 km2, dont 100.000 interdits à toute activité extractive.

 



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